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Première
année, Numéro 04
VENDREDI 17 NOVEMBRE 1905SOMMAIRE:
INFORMATIONS ET DOCUMENTS AVIS DIVERS - PATRONAGES et COLLABORATIONS France: Achats de Journaux, -
La lutte antituberculeuse.
- Dans !es grands séminaires. - Saint-Siège et
Italie: L'Unification
mortelle. - Les guérisons
de Lourdes. - La
cherté
du blé. - Angleterre : l'Entente cordiale et les
libéraux.
- Espagne: Succès
républicains. - Japon:
Le Progrès du
christianisme. - Roumanie: Culture
française
et culture allemande. - Russie: L'Inconnu. - La
succession
de M. Pobiedonotzeff. - Suisse: Les Eglises et l'Etat.
« DEMAIN » laisse à ses collaborateurs avec la plus grande liberté de s'exprimer, l'entière responsabilité de leurs opinions. Nous ne voulons pas tarder davantage de remercier nos amis de la première heure et tous ceux que de communes sympathies intellectuelles et chrétiennes ont spontanément agrégés autour de nous. Nous ne voulons pas tarder non plus davantage de nous réjouir publiquement avec eux. Nous sommes récompensés de nos efforts. et ils le sont des leurs au delà de toute espérance et de toute prévision. Certes notre modeste avènement fut âprement combattu. Mais nous nous sommes défendus vaillamment. par notre unique volonté de vivre. Comme le philosophe pratique qui démontrait le mouvement en marchant. nous nous sommes contentés de réfuter des jugements préconçus et de prouver notre bonne volonté en agissant de notre mieux..Tous nos amis nous sont restés fidèles. Le public lit le nom des uns. nous serrons la main des autres avec la plus reconnaissante effusion. DEMAIN a foré la lourde et dure pierre des préventions. justifiées sans doute. - nous voulons avoir la , modestie de n'y point contredire. - qui pesait sur ses rayons et sur ses ailes. Il luit librement .aujourd'hui dans sa triomphante petite ascension pour ,les quelques heures que Dieu voudra |
NOTES JURIDIQUES
Les
associations
cultuelles pourront donc recevoir, outre les cotisations de leurs
membres
(article 19) : |
| Page 3 SAINT-SIEGE et
ITALIE: L'Unification mortelle,
Les tentatives d'unification des associations catholique, italiennes ont abouti à l'inévitable résultat d'anarchie en attendant celui de mort qui attend toute institution déracinée des conditions de temps, de lieu, d'atmosphère qui l'ont créée. Réunir le midi et le nord, le chaud et le froid l'exubérant et le réfléchi, c'est tuer ces phénomènes pittoresques et vivants pour créer l'agitation d'abord, l'amorphe et l'immobile ensuite. Les journaux libéraux et démocrates protestent vivement contre cette prétention oublieuse des lois de la nature et de la psychologie. En attendant la révolte ouverte ou l'asphyxie, la guerre entre catholiques a été le premier effet de cette tactique qui consiste, sous prétexte que l'union fait la force, à déraciner des arbres pour lier leurs branches en fagots. Le
Pape et les guérisons de Lourdes. La cherté
du Blé. ANGLETERRE
: L'Entente cordiale et les
Libéraux. ESPAGNE:
Succès républicains. |
Page 4 JAPON: Le progrès
du Christianisme
Le Japon a-t-il une religion répondant à ses besoins? Doit-il, pour se mettre à l'unisson des nations d'Europe et d'Amérique, embrasser le christianisme? Un journal japonais, le Jidaï Shicko, répondait dernièrement à cette question en déclarant « que les anciennes religions sont devenues insuffisantes, qu'il y a lieu d'aller à une foi vraie et complète, car les principes fondamentaux des anciens cultes du pays, la fidélité au souverain et la piété filiale, ne peuvent être considérés comme tels ». L'organe japonais louait, à cette occasion, le bien fait par le christianisme au Japon, il se plaignait toutefois de ce que les ministres de l'Evangile, catholiques ou protestants, ne savaient pas utiliser les éléments dont ils auraient pu se servir. A son tour, le Jiji .Shimpo, rappelant les grands services rendus pendant la guerre avec la Russie par l'œuvre protestante des Tentes, formulait des vœux pour que « la religion chrétienne obtienne toutes sortes d. succès non seulement pour ses entreprises spéciales en temps de guerre, mais pour ses diverses entreprises en temps de paix». Enfin le Shingin va jusqu'à dire « que la mission du Japon est d'établir le royaume du Christ sur la terre ». Les missions catholiques confirment ce progrès de sympathies profondes que le christianisme a conquises au Japon, surtout depuis la guerre. Cette question se pose actuellement en Roumanie: laquelle de la civilisation française ou de la Kultur allemande l'emportera dans la vie intellectuelle de ce pays? C'est en France que la plupart des hommes d'Etat roumains se sont formés. C'est notre langue que parle de préférence la société roumaine. C'est en pur français que sont rédigés deux grands journaux de Bucarest. C'est dans le couvent français et catholique de Notre-Dame de Sion que les jeunes filles orthodoxes sont élevées. Ce courant intellectuel tout en faveur de la France s'explique par les affinités de race, la parenté des langues et aussi par ce fait que notre influence n'a jamais blessé en Roumanie le sentiment national. C'est d'ailleurs grâce à la France que ce pays a pu se constituer en Etat indépendant. Les Roumains n'ont pas oublié notre intervention en leur faveur et l'on sait que ce peuple prit le deuil à la nouvelle de nos défaites en 1870. Mais l'influence française est fortement combattue depuis trente ans e~ Roumanie par l'influence allemande. D'abord le nombre de jeunes gens qui font leurs études en Allemagne ou les y achèvent après leur stage en France est en progrès continu. D'autre part, les nombreux précepteurs et gouvernantes qu'envoie l'Allemagne en Roumanie s'y font naturellement les agents de la pénétration allemande: ils introduisent dans les maisons roumaines la langue, les livres, les goûts des Allemands. Comme conséquence de ce nouveau courant, les sympathies du peuple roumain pour l'Allemagne grandissent d'autant plus rapidement que dans le domaine économique et politique, les Roumains ont toujours eu à se féliciter des sympathies et de l'appui des Allemands. Il faut encore se rappeler que le roi Carol, qui gouverne la Roumanie, est issu des Hohenzollern et il s'en souvient. Mais beaucoup de Roumains sont persuadés que la germanisation marquera un recul pour leur pays et qu'ils perdront quelque chose d'essentiel en perdant la culture française qui est la seule universelle. Aussi combattent-ils avec ardeur l'influence germanique.. RUSSIE : L'Inconnu. Le correspondant du Journal des Débats à Saint-Pétersbourg, écrit que le trait distinctif de la situation" en Russie, est l'absence de toute initiative de la part du tsar Nicolas II, qui s'en remet, pour toutes choses, au comte Witte, son « vice-empereur ». Les journaux dotés de la liberté en profitent pour publier des articles qui eussent été considérés, il y a quelques jours, non seulement comme des délits de presse, mais comme de véritables crimes politiques. Jusque dans les colonnes des journaux conservateurs, le nom de l'empereur est à peu près oublié. Nulle expression de reconnaissance pour l'octroi de la Constitution. Les libéraux continuent à ne pas répondre aux avances de M. Witte, qu'ils jugent insuffisantes. En réalité, des partis parlementaires s'organisent déjà, escomptant le lendemain et craignant de se compromettre. La révolution, faute d'aliments, semble se calmer peu à peu. Mais l'inconnu seul reste à l'ordre du jour. |
| Page 5 LE MALAISE DE LA PENSEE
PHILOSOPHIQUE
Du Bulletin de la Semaine (Paris, 41, rue Vaneau, . un an, 6 fr, numéro du 8 novembre), sous la plume de Mgr BATTIFOL, recteur de l'Institut catholique de Toulouse: Nous lisions dernièrement dans le livre d'un très libre agrégé de philosophie, M. Cresson: «Jamais le malaise de la pensée philosophique n'a été aussi grand qu'il ne l'est actuellement, » Et pourquoi ne reconnaîtrions-nous pas, chez les catholiques eux-mêmes, une contagion de ce malaise? Mais du moins, parmi nous, il n'est pas douteux qu'il y a tendance à réagir contre ce malaise, et qu'on fait effort, pour donner à la pensée commune, une plus claire conscience d'elle-même, plus de compréhension, plus de profondeur, plus de vigueur. Notre vœu est que de pareils efforts s'harmonisent au lieu de se combattre, convergent au lieu de se disperser. L'ESPRIT
SCIENTIFIQUE HERESIE
ET LIBRE-PENSEE D'un article
de M. Gabriel
SÉAILLES
sur le Chevalier de la Barre: Prenons garde que le catholique ou même l'homme religieux ne devienne l'hérétique du libre-penseur. La religion dont parle le poète, la religion criminelle, la religion qui tue, ce n'est pas telle croyance, telle opinion sur l'au-delà, ce n'est pas a coup sûr la foi en un dieu de justice et d'amour; la religion qui tue, c'est le fanatisme - sous toutes ses formes, alors même qu'il se déguise au point de ne plus se reconnaître; c'est la prétention d'imposer la vérité dont on se croit le détenteur, c'est la violence exercée sur les consciences... |
Page 6 AMPERE - CAUCHY - HERMITE
D'un article de la Quinzaine (1er novembre 1905), de M. R D'ADHIMAR, nous détachons la conclusion suivante: Nous avons tenté de dire quels horizons ces trois maîtres ont découverts à nos yeux émerveillés et quels hommes étaient ces illustres savants. Ampère était ardent, passionné; son imagination et sa distraction sont passées en proverbe; avec son grand génie, il avait l'âme d'un romantique. Cauchy, homme pondéré et correct, distrait comme Ampère, avec la naïveté d'un enfant, eût été, au XVIIè siècle, qualifié de parfait "honnête homme"?. Hermite fut un « sage» de l'antiquité, avec un sentiment mystique de la science, avec une bienveillance, une bonté incomparables. Ces trois hommes, avec de notables différences, présentent de frappantes ressemblances. Le caractère était chez eux aussi beau que l'intelligence était grande; tous trois ont bien pleinement fait leur « métier d'hommes ». Novateurs! certes, ils le furent dans l'ordre du savoir, mais ils n'ont pas pensé qu'il fût bon, dans l'ordre moral, de battre en brèche toute notion, toute institution traditionnelle.,. Tous trois ont été de grands chrétiens, fidèles à l'Eglise. Ils ont été enchantés, - mais non point enivrés, - en trempant leurs lèvres dans la coupe d'or de la Science. Ils ont porté dans leur âme une lampe d'albâtre dont ils ont fait la lumière chaque jour plus resplendissante et plus pure, Ils ont allumé des feux qui scintilleront éternellement. Protégés contre l'orgueil par l'extrême noblesse de leur nature et par le sentiment religieux, ils sont morts en se réclamant de la miséricorde de Dieu qui avait marqué leur front de ce signe sublime: le génie. . Des Annales politiques et parlementaires: - Réponse de M. Paul DE5CIIANEL à une enquête ouverte par cette Revue: La représentation nationale devrait être comme un miroir ou, pour mieux dire, une carte en miniature du pays et, suivant l'expression de Mirabeau, « une image reproduisant exactement les rapports du tout et des parties ». Est-ce là ce que nous avons? En 1881, les députés élus ne représentaient que 45 % des électeurs et, en 1885, 43 %; pas la moitié! Et, si je prends ces deux dates, c'est parce qu'en 1881 nous avions le scrutin d'arrondissement et, en 1885, le scrutin de liste, ce qui prouve que la représentation est aussi inexacte avec un mode de scrutin qu'avec l'autre. Aussi, est-il permis de penser que deux problèmes, déjà résolus en partie chez un assez grand nombre de peuples et dont la solution changerait probablement la face de la société, ne tarderont pas à s'imposer à l'attention publique: l'un est le vote obligatoire, l'autre la représentation proportionnelle que Louis Blanc réclamait déjà en termes admirables. Là est l'avenir, parce que là sont la justice et la vérité. Revue des Deux-Mondes; livraison du J" novembre. Notre éminent collaborateur, M. le vicomte MELCHIOR DE VOGÜÉ, constate, au cours d'une étude profondément observée: 1° que le socialisme allemand est un contrepoids nécessaire au matérialisme économique de l'Allemagne; 2° que notre puissante ennemie n'atteindra pas impunément le point culminant de sa prospérité et de sa force. La fatale loi de régression la 'guette déjà à son tour. ...La prospérité matérielle est indéniable; tout ce que j'ai vu et rapporté la traduit aux yeux. Des régions pauvres sont devenues florissantes; dans les ports de mer, dans les grands centres industriels, des sources de richesse ont abondamment jailli... Quelques esprits craintifs croient cette fortune menacée, avec tout l'organisme qui la produit, par un assaut prochain du socialisme. J'ai dit comment et pourquoi l'assaillant paraissait contenu dans la mesure où il peut être bienfaisant. Le ciel nous garde d'un tyran assez fort pour extirper le socialisme! Il est le ferment qui soulève la pâte lourde des intérêts, Ses apôtres, même exagérés, remplacent tant. bien' que mal les prédicateurs chrétiens que l'on n'écoute plus guère; ils forcent les gouvernements et les classes engourdies dans le bien-être à compter avec un idéal de justice, d'humanité, de pitié... |
| Page 7
MM.
Joseph Aynard, agrégé de l'Université.- Louis
Birot, vicaire général du diocèse d'Albi.- Henri
Brémond.- Jean Brunhes, professeur à
l'Université
de Fribourg (Suisse). - Paul Bureau, professeur à la
Faculté
libre de Droit de Paris. - Sylvestre Casati-Broohter. - E. Carry, de
Genève.
- Louis Le Cardonnel. - Léon Chaîne.-
Emile
Chènon, professeur à la Faculté de Droit de Paris.
- Ulysse Chevallier. correspondant de l'Institut, professeur aux
Facultés
catholiques de Lyon. - Albert Dufourcq, professeur à
l'Université
de Bordeaux. - Albert Ehrhard, professeur à l'Université
de Strasbourg.- George Fonsegrive, directeur de la Quinzaine - James
Fitzalan Hope, membre de la Chambre du "Parlement anglais,
député
de Sheffield. - Antonio Fogazzaro, sénateur du Royaume
d'Italie.
- Victor Giraud. agrégé de l'Université. -
Hippolyte
Hemmer - :- Le baron Frédéric de Hügel. -
Léon
de Kerval, à Fribourg (SuIsse). - Félix Klein,
professeur
à l'Institut catholique de Paris. - Robert Jacquemont - L.
Laberthonnlère.-
Albert Leclère, professeur à l'Université de
Berne.
- Alexandre Lofas. député d'lIle-et-Vilaine - Anatole
Leroy-Beaulieu. membre de l'Institut. - Pierre Mandonnet,
professeur
à l'Université de Fribourg (Suisse). - Georges Michelet,
professeur à l'Institut catholique de Toulouse.
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Page 8 Salvatore Minocchi, professeur à
l'Institut des Etudes
supérieures de Florence. Romolo Murri, directeur de la
Cultura
Sociale, à Rome. - André Pèratè,
conservateur
des musées de Versailles. Georges Picot,
secrétaire
perpétuel de l'Académie des sciences morales et
politiques.
- Camille Pinta. - Pierre de Quirille, rédacteur du
Journal
des Débats. - Le docteur Marcel Rifaux. - William Bitter,
à
Munich. - Vincent Rose, professeur à l'Université de
Fribourg
(Suisse). - Alfred Roussel, professeur à l'Université de
Fribourg (Suisse). Marc
Sangnier, président du
Sillon.
- Joseph Sauer, professeur à l'Université de
Fribourg-en-Brisgau
(Allemagne). - Hermann Schell, professeur à l'Université
de Würzburg (Allemagne). - Giovanni Semeria, de Gènes
(Italie)
- Joseph Serre. - A.-D.
Sertillanges, professeur à
l'Institut
catholique de Paris, - Eugene Tavernier, rédacteur de l'Univers.
- Max Turmann. - Joseph Turmel, de Rennes. - E. Vacandard,
aumônier
du lycée Corneille, à Rouen. - Paul Viollet. membre de
l'Institut,
professeur à l'Ecole des Chartes. - Giulio Vitali, à
Rome.
- Le vicomte Melchior de
Vogüé, de
l'Académie
française. - W.-J.
Williams, à Eastbourne
(Angleterre).-
Bertram C.-A. Windle, membre de la Société Morale de
Londres. président
de Queens College, Cork (Irlande).
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