Nos:
Première année - Numéro 11
VENDREDI 5 JANVIER 1905  
SOMMAIRE:
Dr Marcel RIFAUX . . . . . .
 La Vitalité catholique
C. LAURENT . . . . . . . . . .
 Le Catholicisme réformateur en Allemagne.
Léon de KERVAL  . . . . .
 Origine franciscaines
J-M. BERNARD . . . . .              A propos des Syndicats jaunes.

  INFORMATIONS ET DOCUMENTS'
France : La Décision à prendre.- Les Instructions de Pie X. - L'Inventaire des biens cultuels. - Les Evêques et l'inventaire.- Les Associations cultuelles. - Fin de controverses. -Saint-Siège et Italie: Le Livre BIanc. - Le Protectorat catholique en Orient.- Un Discours du cardinal Capecelatro. - Le Salvam fac Rempublicam. - Les Démocrates chrétiens. -M. di San Guiliano. - Allemagne: L'Allemagne et le Vatican. - Alsace-Lorraine: Les nouveaux Impôts. - La Langue française. - Angleterre : Le Programme scolaire. - Programme démocratique.- Australie: Mœurs parlementaires. - Autriche: L'Antimilitarisme. - Belgique: Précautions des neutres. - Mariage morganatique du roi. - Etats-Unis: L'Allemagne religieuse, - Russie: La Loi électorale.- Une Interview du pope Gapone.

REVUE DES PERIODIQUES
La Politique de Pie X (Journal des Débats). - Le Relèvement de l'art religieux (Etudes franciscaines),- Le Divorce et le Progrès social (Revue du Clergé français).- L'Idée de droit (Revue de l'Institut catholique de Paris).- L'Art et l'Apologétique (Le Sillon).- Une Ecole lyonnaise (La Semaine religieuse).
 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
La Piété de Newmann, par Mle. Marie-Agnès Pératé. -Le Dogmatisme du cœur et celui de l'esprit, par le P. Schwalm.

  LA VITALITÉ CATHOLIQUE
    Il faut être vraiment étranger à l'évolution de la vie religieuse depuis vingt ans pour ne pas se réjouir de la situation du catholicisme en France.  A aucune époque de l'histoire de l'Eglise; il ne fut peut-être possible d'entrevoir de si riches espérances. La vitalité d'un groupe, d'une société, d'un peuple, d'un organisme dépend moins du nombre que de la valeur dynamique des éléments qui les constituent.
    Or, il n'est pas niable que nous sommes les témoins d'une véritable transformation de la conscience catholique. Chaque jour grandit, en effet, le nombre de ceux qui ne se contentent plus d'un catholicisme inconscient, servile, machinal...
   De plus en plus il est admis que le premier devoir d'un catholique est la mise en œuvre de toutes les ressources de la raison, car la raison, semence divine, est ce qui distingue essentiellement l'homme de l'animal. Or, l'exercice légitime de la raison ne s'entend point sans la, participation consciente de tout notre être au laborieux travail de la compréhension de la vérité.
     Sous prétexte de protéger la foi on entourait l'esprit du croyant de bandelettes mystiques, toutes parfumées d'aromates et d'encens, traitant le chrétien comme on traitait une momie et non comme un organisme vivant destiné à agir et à  réagir. Mais comme les nefs et les verrières de nos cathédrales ou les chapelles toutes enluminées de nos collèges ne pouvaient pas être et ne devaient pas être le seul théâtre de l'activité humaine  armure si fragile et si délicate était infailliblement le jouet de tous les vents vigoureux qui soufflaient dehors.
     Parallèlement parmi ceux qui se déclaraient  affranchis de tout enseignement religieux, une mentalité absolument opposée prenait conscience d'elle-même. Les .libres investigations de la raison les poursuites aventureuses et souvent hasardées de l'esprit de recherche trouvaient de zélés promoteurs...
    Tout ce qu'il pouvait y avoir d'actif dans la' personnalité humaine fut exacerbé au détriment. des facultés passives. D'un tel milieu ne pouvait manquer de surgir l'esprit critique. Que cet esprit critique devint parfois immodéré, difficile à satisfaire, hargneux même dans une certaine mesure, les luttes et les polémiques journalières ne le confirment que trop bruyamment;
    Malgré ces excès regrettables il est néanmoins difficile de nier qu'il ne soit bon d'exercer sa raison de peur de favoriser les méfaits du démon de la critique.
    Tout le monde admettra qu'avant d'engager son jugement et sa volonté sur un point donné, celui-là seul fait acte. de haute sagesse qui se recueille pour examiner, comparer, éprouver et réfléchir...

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

.