Première
année, Numéro 15
VENDREDI
2 FEVRIER 1906
SOMMAIRE:
Joseph
SERRE . . . . . .
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Une
Synthèse religieuse.
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Félix
KLEIN . . . . . . . . .
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Lettre
à l'Editeur: Respect au Président! |
J.-M.
BERNARD . . . . .
|
Nouvelles
tendances en Morale (Critique) |
INFORMATIONS:
France:
L' « Exequatur » - L'Inventaire. - Emile Boutmy - Les
Petits
Schismes, etc. - Saint-Siège et Italie: La
Protection
des Catholiques. - Le Cardinal Gotti. - Syndicats confessionnels. - Allemagne: La
liberté religieuse. - Le Centre et le
Gouvernement. - Angleterre:
Les Députés ouvriers, - Les lsraëlites et la
Politique. Belgique:
Les Libéraux. - Les Elections et les Catholiques. - Les Soupes
scolaires.
- Chine: L'Européanisation. - Danemark:
La Mort de Christian IX. - Espagne :
La Princesse Ena de Battenberg. - Etats-Unis:
Nouveaux Etats américains. - Hollande: Le
Suffrage
universel. - Japon: Les Prisonniers russes. - Maroc:
Moines et Marocains. - Norvége : Entre
Protestants.
- Russie: Les Constitutionnels démocrates. - Les
Francs-Maçons
à Moscou, etc.
REVUE
DES PERIODIQUES
Le
Développement
chrétien (Bulletin de la Semaine). - M. Ribot (La
République
Française). - Les Associations cultuelles (Journal des
Débats).
- Les Relations Franco-Allemandes (L'Energie Française),
NOTES
BIBLIOGRAPHIQUES
Essai
d'une
Psychologie de l'Angleterre contemporaine (Les Crises belliqueuses),
par
Jacques Bardoux, etc.

BULLETIN
POLITIQUE
Le
Conseil des ministres a délibéré, comme on le
sait,
sur la question de l'exequatur. Convenait-il que Je gouvernement
français
se prévalût de cette sorte de précaution
diplomatique
à l'endroit des évêques français directement
nommés par Rome? M. Dumay estimait que oui. Les ministre ont
résolu
la question par la. négative. ) Ils ont été, en
cela,
conséquents avec eux-mêmes. Mais ont-ils obéi au
souci
de la logique ou seulement ont-ils craint, en se réservant le
droit
d'exequatur, de reconnaître implicitement par là un
caractère
de puissance politique au Saint-Siège? Sans entrer dans l'examen
de ces motifs secrets, il nous suffit de prendre acte d'une
décision
libérale conforme à ce qu'il peut y avoir de plus correct
dans l'esprit de la loi.
L'inventaire
des biens cultuels a donné lieu, çà et là,
notamment à Saint-Orner et à Dijon, à quelques
incidents
regrettables. La foule, ameutée par des personnes
irréfléchies,
a malmené ]es agents des finances venus pour procéder
à
une ..formalité conservatoire qui ne préjuge en rien de
la |
propriété
même des objets inventoriés. Ces bousculades
inconsidérées
ont d'ailleurs été assez peu nombreuses, bien que
la
presse réactionnaire cherche à les corser dans ses
compte-rendus.
La preuve en est qu'on les compte. Ce n'est pas sur un tel terrain
qu'il
importe à l'action religieuse de se déployer. Les
catholiques
n'ont rien d'ailleurs à dissimuler. Et l'inventaire, si on
veut bien le considérer à un point de vue positif, loin
de
porter atteinte à la propriété culturelle, et la
précise
On
s accorde généralement à reconnaître
que
la conférence d'Algésiras est un simple
théâtre
d'illusion. Des diplomates aux redingotes impeccables y font des gestes
très sobres Mais des gens avisés estiment que
l'Allemagne
se départirait immédiatement de son attitude dans
l'affaire
du Maroc sir la France consentait à lui laisser le champ
libre
à Contantinople et en Asie-Mineure. Elle ne serait
venue
se planter dans notre sentier marocain que parce qu'elle nous a
rencontrés
sur la voie du futur chemin de fer de Bagdad. Il faut croire
qu'il
y a quelque chose d'exact dans cette interprétation. On en
trouverait
peut-être justement la preuve dans .le peu d'enthousiasme avec
lequel
la presse allemande si attentive à refléter l'impression
officielle, accueille la modération actuelle des
prétentions
françaises. Quoi. qu'il en soit, et si ces dessous diplomatiques
sont réellement fondés, il y a lieu d'en attendre quelque
solution favorable du litige. Le tout est de balancer avec
équité
deux intérêts contraires.
Le
gouvernement impérial allemand vient de déclarer
officiellement
la guerre au socialisme:. C'est à la Chambre haute de la
Diète
prussienne que le prince de Bülow, président du Conseil des
ministres prussiens, en même temps que chancelier de l'Empire, a
proclamé sa ferme résolution de ne pas s'incliner devant
« les exigences et la tyrannie de la rue ». Le devoir de
tous
les partis bourgeois, a-t-il dit, est de s'unir devant
l'ennemi
commun. Jamais le fer ne , s'était croisé avec autant de
précision entre deux" adversaires aussi arrogants l'un que
l'autre.
Le socialisme allemand intimidé se ramassera sur lui-même.
Il règne chez nos voisins une discipline militaire qui ne
laisse
pour longtemps encore aucun espoir à la révolution de
pouvoir
se donner carrière ailleurs que dans une
phraséologie
où elle excelle et qui, semble-t-il, lui suffit. Le mariage
d'Alphonse
XIII est désormais officiel. Le jeune souverain épouse
une
Anglaise. Il semble que, pour une fois, la diplomatie n'ait pas
été
admise,; à s'entremettre dans cette union. Il s'agit, en effet,
d'un mariage d'amour où La raison d'Etat ne loue aucun
rôle.
On a dit qu'Alphonse XIII, sang de Bourbon et d'Habsbourg, était
le premier gentilhomme d'Europe. Eh bien, ce gentilhomme épouse
presque une bergère, puisqu'il épouse une princesse de
très
fraîche date qu'avant hier encore une bonne partie du Gotha
n'eût
pas reconnue. Dans les petites ou grandes cours aux espérances
déçues,
on parle déjà de mésalliance. Ce mariage royal
sera
donc populaire. Les fiançailles le sont déjà.
Heureux
monarque qui a pu épouser son premier amour et s'allier
ingénument
ainsi avec la vérité et la vie !
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