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VENDREDI 9 FEVRIER 1906 SOMMAIRE
INFORMATIONS ET DOCUMENTS |
de la velléité qui en a
été
manifestée, dans l'espoir qu'il y aura
là prétexte
à des violences
subrogatoires dont l'Eglise pâtira.
Minorité
dans le pays, les catholiques ne peuvent utilement s'insurger. S'ils
étaient
capables de ce plus, ils l'eussent été d'abord de ce
moins
qui consistait à défendre le Concordat sur le terrain
électoral.
S'insurger, c'est chercher à défendre de vieilles
positions
mises à sac déjà par l'ennemi, alors qu'il s'agit
seulement d'en conquérir de nouvelles et de s'y fortifier.
Est-ce
avec des bagarres, même généreuses, qu'on
rétablira
le Concordat en France? Alors pourquoi se faire
massacrer... L'inventaire, pour considérer à un autre point de vue les manifestations auxquelles, il a, donné lieu, vient de mettre en relief une des pires possibilités de la loi de Séparation, une de celles que le clergé réfléchi avait prévues et qu'il redoutait par-dessus toutes: l'indiscipline des fidèles redevenus les maîtres du culte. Si les futures associations cultuelles se doivent comporter à l'égard du clergé et la hiérarchie ecclésiastique comme les manifestants de Sainte-Clotilde, par exemple, se sont conduits à l'égard de leur vénérable curé qu'ils ont injurié et mis à ma porte de son église... Rome continue à garder le silence. Elle fait ainsi aux catholiques français l'honneur de les traiter en hommes responsables de leurs actes et conscients de leurs destinées. Il importe que cet honneur ne soit pas immérité. Mais il pourrait vite le devenir. Le silence de Pie X est interprété de diverses façons, les unes assez irrévérencieuses. Feignant de répondre à l'attente impatiente de leurs lecteurs, certains journaux prennent la défense du pape et cherchent des excuses à son silence. D'autres envoient des adresses au Saint-Siège, et après avoir discrètement flétri l'une des alternatives auxquelles il pourrait se résoudre, protestent de leurs sentiments d'obéissance, quelle que soit l'attitude définitive qu'il adopte. Ajoutons que ces impatients ne tarderont pas à être fixés. On annonce, en effet, que le gouvernement aura publié d'ici à trois semaines la troisième partie du règlement d'administration publique, relative aux associations cultuelles. . M. Ferdinand Buisson, M. 1'abbé Sertilanges, professeur de philosophie morale l'Institut catholique de Paris, M. le Sénateur Béranger, M. le pasteur Louis Comte, M. Marc Sangnier et quelques autres personnalités d'opinions et de milieux très divers, avaient organisé, dimanche, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, un meeting de protestation contre les malsaines exhibitions graphiques des vitrines et des kiosques à journaux. Il s'agissait d'éveiller l'attention des pouvoirs publics que les croisades morales passionnent si peu. Les organisateurs du meeting avaient compté sans !a rue. L'insolente invasion d'un public suspect couvrit leurs voix et ils durent se retirer devant les impudeurs mêmes qu'ils étaient venus flétrir. Ces hommes divers, assaillis par un tel orage apprécieront sans doute désormais, beaucoup plus qu'ils n'auraient su le faire; auparavant, ta valeur de l'union pour le bien, que les opinions seules sont incapables de réaliser. |
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