Première
année, Numéro 18
VENDREDI
23 FEVRIER
1906
SOMMAIRE:
BULLETIN
POLITIQUE
Félix
KLEIN . . . . . . . . . .
|
Simples
conjectures sur le prochain mode
de
nomination des Evêques en France |
Giulio
VITALI . . . . . . . . .
|
La
Démocratie chrétienne en Italie |
H. C.
CORRANCE . . .
 |
Lettre
à l'Editeur : Une Synthèse religieuse |
INFORMATIONS
ET DOCUMENTS
France:
Les nouveaux Evêques. - Les ressources du Clergé.- La
Campagne antimilitariste - Les Catholiques
républicains: - Un Schisme juif.
- Saint-Siège et Italie: Le nouveau
Ministère. - Le ministre Pantano.
- Le baron de Cetto. - Les Evêques
siciliens. - Allemagne: Nous sommes
les Maîtres. La Dormition de la
Sainte-Vierge.
- Angleterre: Le Discours du Trône. -
Syndicats
de Postiers. - Autriche-Hongrie: Dissolution de la
Chambre
hongroise. Chine: La situation en Chine. - Espagne: La
Crise
ouvrière. Norvège: Les Partis politiques.- Portugal
: le Cardinal Netto. - Russie: Retour au Catholicisme
.Les
Réformes religieuses.

REVUE
DES PERIODlQUES
La
Séparation
à Neuchâtel (Semaine religieuse, de Genève). - Pie
X et la réforme (Hochland). - Le Mouvement agraire en Russie
(Revue
Bleue).
NOTES
BIBLIOGRAPHIQUES
Instructions
de l'Episcopat piémontais. - Etudes de Critique et d'Histoire
religieuse,
par l'abbé Vacandard.
Dernières
publications

BULLETIN
POLITIQUE
La
protestation du Saint-Siège contre la loi de Séparation a
paru. Elle est conçue en termes des plus véhéments
et résume toutes Les critiques qui, de différents
points
de vue, ont déjà été faites de la loi. Le
pape
affirme notamment que des associations cultuelles ne dépendant
que
du Conseil d'Etat sont contraires au droit de l'Eglise. Ce n'est pas
à
dire qu'il en interdise dès maintenant la formation : autre
chose
est déclarer une loi injuste - autre chose s'insurger contre
elle.
Aussi le pape annonce-t-il qu'il adressera en temps opportun
c'est-à-dire
sans doute après la publication complète du
règlement
d'administration publique des Instructions pratiques « pour
qu'elles
soient une règle de conduite sûre au milieu de grandes
difficultés
de l'heure présente ». Que seront ces 'instructions ?
Dès
maintenant, chacun les prévoit
|
conformes à ses désirs:
Les uns, comme M. De Mun trouvent dans l'Encyclique la
condamnation
de l'essai loyal et l'approbation de la résistance violente ;
les
autres, comme MM. Brunetière et Denis Cochin, y voient
au contraire.. la preuve que le pape, tout en condamnant la Loi, attend
de connaître quelles seront les garanties de l'autorité
religieuse
dans l'association cultuelle, pour conseiller de s'accommoder des
circonstances.
Ils sont de ceux qui pensent que l'Eglise, comme elle l'a fait bien
souvent,
saura s'adapter encore aux conditions des temps et qu'elle trouvera
dans
cette adaptation non un amoindrissement, mais un renouveau de
vitalité.
Le
message présidentiel a été lu, mardi, à la
Chambre et au Sénat. II est d'une grande simplicité de
ton
et d'expression très modérée. II convient' d'y
relever
l'affirmation de quelques principes particulièrement
nécessaires
et qui, nous l'espérons, ne resteront point lettre morte. M.
Fallières
déclare que « si l'on gouverne avec les hommes de son
parti,
c'est dans l'intérêt supérieur de la nation, et que
l'on doit à tous, sans distinction d'origine ou de foi
politiques,
la protection de tous les droits et la garantie de toutes les
libertés.
» Cela est très beau à promettre, mais ne vaut que
si c'est tenu. Dans la mesure très modeste où la
Constitution
le lui permet, le nouveau président de la République
essayera-t-il
de réaliser ce difficile idéal? Nous venons de dire que
nous
l'espérons. Il serait plus exact d'écrire que nous
voudrions
l'espérer. A trop de vaincus, la liberté ne suffirait
malheureusement
pas. Le message a été fort applaudi, - si ce n'est
à
l'extrême-gauche et à l'extrême-droite, où
les
bras sont restés croisés.
Un
grand nombre de journaux d'opposition ont profité de la
rentrée
de M. Loubet dans la vie privée pour l'accabler d'injures.
Nombre
d'articles ont été publiés, ces jours derniers,
contre
l'un et l'autre président, à l'occasion de la
transmission
des pouvoirs. Ces mêmes feuilles, étalant en même
temps
de bruyantes sollicitudes pour les intérêts catholiques,
il
en résulte dans l'esprit de leurs lecteurs occasionnels, cette
déplorable
impression que le zèle religieux se mesure chez nous à la
capacité d'injures dont il est possible d'abreuver le chef de
l'Etat.
Il
vient de se passer à Budapest un événement qui a
certainement
fait tressaillir d'aise l'imagination d'un certain nombre de
Français:
le palais du Parlement a été cerné par les
troupes,
sur l'ordre de l'empereur-roi. Il s'agissait de procéder, sur,
un
mode archaïque, à la dissolution de la Chambre hongroise.
Bien
que le cérémonial fût réglé par la
tradition,
il n'en a pas, moins vivement froissé l'orgueil magyar. Ce
congé
à mains armées des représentants de la Hongrie
n'améliorera
évidemment pas Je mariage de raison qui unit les deux peuples.
La
conférence d'Algésiras n'aboutit point. La France et
l'Allemagne
restent sur leurs positions, sans vouloir se départir, la
première,
d'une série de concessions désormais close; la seconde,
des
exigences qu'elle a, dès l'origine, formulées.; Ceux. qui
estiment que la crainte est le commencement de la sagesse et que la
France
a tout intérêt à vivre dans une salutaire
inquiétude,
ne s'attristeront pas coutre mesure de cet échec.   |
SIMPLES
CONJECTURES
Sur
le Prochain Mode de Nomination des Evêques en France.
C'est,
dans l'Eglise catholique, un avantage inappréciable et reconnu
de
ses adversatifs eux-mêmes, que de pouvoir, sans changer le fond ,
sa doctrine, adapter ses coutumes et ses lois aux états de
Civilisation
qu'elle rencontre dans les Siècles ou chez les peuples les plus
différents. De cette puissance d'assimilation, qui est 1e signe
même de sa vie, l'Eglise a pleinement conscience, et elle ne
laisse
pas à ceux qu'on appelle novateurs le soin de
proclamer
un tel privilège. Il y a moins de dix ans, le dernier pape
s'exprimant
ainsi dans la lettre apostolique (I) où il promulguait nouvelles
règles pour les fidèles et le clergé de
l'Amérique
du 'Sud : « C'est le propre des institutions et des lois humaines
qu'elles n'aient rien de si sacré ni de si utile qui ne
soit
modifié par l'usage, transformé par le temps, corrompu
par
les mœurs, Ainsi, dans l'Eglise de Dieu, qui unit la
variété
de la discipline à la fixité du dogme, il. arrive
fréquemment
que des dispositions, jadis opportunes et excellentes, deviennent dans
la suite déplacées, inutiles ou même
nuisibles».
Et voilà peut-être des paroles qui, séparées
de leur signature, auraient soulevé d'assez âpres
contradictions.
Mais
parmi les matières où s'est manifestée et
où
se manifeste aujourd'hui encore l'extraordinaire souplesse de la
discipline
catholique, il semble bien qu'on puisse placer au premier rang la
façon
de choisir les évêques. Sauf l'élection des Papes,
si souvent modifiée elle-même dans le cours des
âges,
il n'est rien qui égale en variété, ni en
importance,
les modes successifs ou simultanés de nominations
épiscopales.
Aussi est-il naturel qu'une grande Eglise comme l'Eglise de France..
brusquement
jetée hors du régime qui la gouvernait depuis quatre
cents
ans, se pose avec un intérêt passionné, entre tant
d'autres questions anxieuses, celle de savoir comment seront
recrutés
ses principaux chefs et quelle part lui sera, laissée à
elle-même
dans un acte de cette gravité.
Nous
n'ignorons pas la procédure qui est suivie en ce moment
même;
mais nous croyons qu'il serait téméraire d'y voir un
engagement
pris pour l'avenir, Le mode de provision qui s'impose maintenant
à
cause du nombre des vacances et des rares difficultés de l'heure
actuelle, ne préjuge pas les règles qui seront suivies
à
l'état normal; et la question, à vrai dire; n'est pas le
moins du monde résolue. ..
Un
seul point ne fait pas doute. C'est que le dernier mot sur le choix des
évêques appartiendra toujours à Rome et que nul ne
dirigera jamais un diocèse s'il n'a reçu du pape
l'institution
canonique. Mais, ce principe une fois placé au-dessus des
contestations,
on a le droit de se demander comment se fera la désignation des
candidats à instituer; on a le droit Mme, :tant que
l'autorité
ne s'est pas prononcée, de s'exprimer respectueusement sur ce
qu'on
croit être en pareille matière, le meilleur et 1e plus
probable. |
C'est
de ce droit que nous voulons user. L'Eglise de Jésus-Christ est
une demeure vivante; il n'y a pas de vertu ni de
déférence
à s'y comporter comme dans une chambre de malade, ou il serait
dangereux
de .. parler tout haut.
Il
ne s'agit pas pour nous de discuter a priori, il ne s'agit pas de
présenter
avec quelques raisonnement le système qui nous convient le
mieux.
C'est, une fois de plus, à la connaissance des f
des
faits
passés et des faits 'présents, qu'il !~, (demander la
solution
du problème posé.
"Cette
méthode, toujours sûre, n'offre ici qu'un
inconvénient,
celui d'embrasser beaucoup plus de matières que nous
n'avons
la place d'en exposer; nous ne pouvons pas rappeler en détail
toutes
les méthodes de nomination qui se sont succédé
depuis
le commencement de l'Eglise. Il nous semble toutefois que les lecteurs
de cette Revue posséderont les éléments essentiels
de la solution, si nous leur mettons sous les yeux un très bref
résumé des règles qui ont autrefois, surtout en
France,
présidé au choix des évêques et si nous y
ajoutons
le tableau un peu plus complet de ce qui; se pratique à l'heure
présente dans tous les pays du monde.
Dès
la mort des Apôtres et des premiers chefs institués par
eux,
les communautés chrétiennes choisissaient
elles-mêmes
leur évêque. Il est élu par le clergé de la
ville, en présence des laïcs et avec leur assentiment.
L'usage
s'établit très vite de faire confirmer l'élection
par le métropolitain et les évêques de la
province...
Trois d'entre eux au moins, devaient assister 'au sacre. Il n'arrivait
point partout, dans les commencements, que
l'élection
fût soumise au pape. Les théologiens: disent qu'il
déléguait
plus ou moins formellement son pouvoir au métropolitain et qu'il
donnait ainsi son consentement implicite, On ne fixerait pas sans
difficulté
l'époque où ce consentement dut revêtir la forma
expresse
et directe qui est aujourd'hui requise.
L'élection
par le clergé devant le peuple, avec confirmation du
métropolitain,
demeure la règle jusqu'au XIIè siècle. 'Mais,
dès
le IVè, c'est-à-dire dès le triomphe
du
christianisme, le principe souffre, en pratique, de nombreuses
exceptions.
C'est tout d'abord le corps électoral qui commence à se
restreindre;
le clergé électeur se réduit peu à peu au
chapitre
de la cathédrale; le peuple qui contrôle, se
ramène
d'abord à une élite, puis se voit complètement
écarté.
Et telle est la coutume qui, codifiée dans le Corpus Juris,
forme
aujourd'hui encore le droit commun de l'Eglise, nous ne disons pas le
droit
le plus observé. Sont électeurs les seuls chanoines; sont
éligibles. les clercs âgés de trente ans, docteurs
ou licenciés en théologie ou droit canonique, mais non
les
évêques d'autres diocèses. Le candidat élu
à
la majorité, doit accepter ou refuser dans le délai d'un
mois, et, s'il accepte, solliciter dans le délai de trois mois
la
confirmation du supérieur hiérarchique,
c'est-à-dire,
aujourd'hui, du pape... |
La
Campagne antimilitariste.
Le
gouvernement semble décidé à mettre un frein
à
la campagne antimilitariste ouvertement conduite par les associations
révolutionnaires.
Le préfet de police a fait et parvenir à tous les
commissaires
de police et officiers judiciaires de son ressort, une
circulaire,
les requérant faire diligence pour arrêter la vente d'un
numéro
spécial du journal La Voix du Peuple contenant un appel aux
conscrits
et des dessins et des articles antimilitaristes. Ce numéro a
été
saisi à Paris et dans toutes les villes de France où il
est
parvenu. D'autre part, le gouvernement a fait ouvrir contre les auteurs
de la nouvelle affiche antimilitariste apposée à Paris et
dans les grandes villes de province, une vaste instruction qui
comprend
jusqu'ici une centaine d'inculpés.
Les
Catholiques républicains.
La
Justice Sociale publie la lettre suivante de feu Mgr
Franqueville,
évêque de Rodez, à M. l'abbé Dabry, en
réponse
à l'hommage du volume où le sympathique auteur des
Catholiques
républicains raconte l'histoire du il ralliement: "Je vous
remercie
de m'avoir envoyé votre volume. Bien que souffrant, j'ai
commencé
à le lire et je m'y intéresse vivement. Elle est
lamentable
l'histoire de nos divisions. Elle n'a pas pris fin. Après
la dénonciation du Concordat, vous verrez ce qu'on appelle
les hautes classes, qui ne dirigent plus depuis longtemps, s'empresser
de vouloir diriger le clergé qu'elles tâcheront
d'accaparer.
Que deviendra-t-il s'il se laisse ainsi entraîner? Je rends
hommage,
à votre intelligence, à votre zèle et à
votre
activité. »
Un
Schisme juif.
On
lit dans le Jewish Chronicle du 9 février: «
La
presse française rapporte sous la rubrique: "Un schisme juif",
qu'un
groupe de personnes appartenant à la classe professionnelle et
industrielle,
s'est formé dans la communauté juive de Paris, dans le
but
d'établir une association religieuse indépendante, sur
des
bases libérales. Il faut dire que ni ce projet, ni les
désirs
exprimés par ses promoteurs ne sont chose nouvelle, il n'est pas
douteux que sous le nouveau régime religieux en France, il
serait
plus facile de réunir les adeptes de la réforme en une
association;
mais ils récusent énergiquement toute intention de
devenir
schismatiques Nous avons le droit d'être sceptiques quant au
résultat
de ce nouveau mouvement de la communauté juive de Paris. Ceux
Qui
appartiennent à la haute société, et qui veulent
agir
comme les chrétiens, payeraient volontiers de leur argent, mais
combien de temps cela durerait-il?.. D'autre part, cette organisation
présenterait,
au point de vue juif, un véritable danger. Ce serait comme un
pont
jeté entre le judaïsme et le protestantisme. Parmi les
promoteurs
du mouvement se trouvent des membres appartenant à des familles
dans lesquelles il y a des convertis. N'est-il pas à craindre
que,
quelle que soit l'ardeur des fondateurs à l'heure actuelle, ceux
qui viendront ensuite ne trouvent beaucoup plus commode de faire le pas
décisif qui romprait définitivement le lien qui les
attache
au judaïsme? »
SAINT-SIÈGE
et ITALIE: Le nouveau Ministère.
L'éclectisme
qui a présidé il. la formation du cabinet continue
à
inspirer M. Sonnino dans le choix des sous-secrétaires d'Etat.
Deux
autres ont été nommés: M. Marargui (du centre
droit),
à la guerre, et. M. Credaro (radical socialiste). à
l'instruction
publique. Dans une interview. M. Salandra, ministre des finances, a
déclaré
que le Gouvernement ne songe nullement à présenter
à
la Chambre un projet de loi introduisant le divorce, non plus que
d'autres
projets de loi anticléricaux dont on a parlé. Si. par
impossible,
un projet de ce genre émanait d'une initiative
ministérielle,
plusieurs membres du cabinet donneraient leur démission. Pour ce
qui est de la question du divorce, notamment, il est certain qu'il ne
répondrait
qu'au désir d'une très modeste minorité à
la
Chambre même.
|
Le
ministre Pantano.
L'entrée
de M. Pantano dans le ministère Sonnino continue
de défrayer toutes les conversations dans les milieux politiques
de Rome. L'adhésion du nouveau ministre du commerce à
l'œuvre
monarchique, est considérée comme un des plus grands
succès
de M. Sonnino. M. Pantano n'a fait que suivre l'exemple de M. Fortis et
de Marinis. Il n'y a pas longtemps, il avait demandé la
convocation
d'une Assemblée constituante élue par le suffrage
universel,
laquelle devait décider de la forme de gouvernement qui,
convenait
à l'Italie. Les électeurs républicains de M.
Pantano
sont furieux et adressent des lettres injurieuses à leur
député,
qui les a trahis. Les amis de M. Pantano disent que ce dernier reste
républicain,
et que c'est pour le bien de l'Italie qu'il a accepté le
portefeuille.
Tous les cercles républicains d'Italie adressent
également
des télégrammes injurieux à. M. Pantano. M.
Marzocchini,
ancien députe républicain de Livourne, lui a
adressé
le télégramme suivant: « A vous qui, après
un
demi-siècle d'action républicaine commémorez le 2
février revêtu de l'uniforme du ministre du roi les
condoléances du cercle Bovio. »
Le
baron de Cetto.
Le
baron A. de Cetto, ministre plénipotentiaire de Bavière
auprès
du Vatican, vient de mourir. Aucun diplomate n'est resté
accrédité
auprès du Saint-Siège aussi longtemps que lui, car
il y avait fait ses débuts diplomatiques, il y a près
d'un
demi-siècle. Après avoir fait ses études dans
diverses
Universités de l'Allemagne du Sud, il entra dans la
carrière
diplomatique et débuta dans des légations de second
ordre.
En 1864, il fut nommé secrétaire à la
Légation
de Bavière auprès du Vatican, et, depuis cette
époque,
il n'a pas cessé de résider à Rome, d'abord au
Palazzetto
Torlonia, près de la place d'Espagne, puis au palais
Roccagiovine,
au Forum de Trajan. Il y a vingt-trois ans, i1 fut nommé au
poste
de ministre plénipotentiaire, qu'il avait conservé
depuis.
Les
évêques Siciliens.
Les
décisions de l'assemblée des évêques
siciliens
à Palerme n'ont pas été livrées à la
publicité. C'est Mgr Sturzo, secrétaire du congrès
et le plus jeune des évêques présents qui a
été
chargé de rédiger la lettre, pastorale collective que les
évêques adresseront aux fidèles de Sicile.
ALLEMAGNE: 'Nous
sommes les Maîtres!"
Sous
ce titre, la Gazette de Cologne publie un violent article contre
l'Union
des propriétaires agriculteurs, dont. l'histoire ne serait qu'un
« empoisonnement continu de la vie politique» en Allemagne.
Elle rend son influence officieuse responsable de la disette de viande
qui a cruellement éprouvé les classes laborieuses
d'Allemagne
cette année, et fait remarquer que l'inaction du ministre de
l'agriculture
reçoit aujourd'hui sa récompense dans les
témoignages
de satisfaction que lui adresse, avec quelque dédain, l'Union
des
agriculteurs, sûre de son. influence sur le gouvernement.
«
Nous sommes les maîtres", telle est, suivant la.Gazette de
Cologne,
le sens véritable de toutes ces explications
échangées
entre l'Union des propriétaires agriculteurs et les ministres,
et
elle craint que cette influence d'un corps qui s'est fait
«l'ennemi
acharné de tout libéralisme" ne s'exerce pas à
l'avantage
de la démocratie!
La
Dormition de la Sainte-Vierge
L'Eclair
a reçu de son correspondant de Berlin la note que voici: «
Dans son voyage en Palestine, le kaiser reçut du sultan le
terrain
de la Dormition de la Vierge, dont il fit présent au
Palestina
Verein allemand pour y' établir un cloître. Après
de
longues négociations, Rome vient de choisir l'ordre des
Bénédictins
de Beuron (près de Sigmaringen, sur le Danube), pour s'y
établir.
Ce terrain ayant été déclaré «terre
allemande.»
par le su1tan, le cloître deviendra un foyer d'expansion
allemande.
La congrégation de Beuron, une des vingt-cinq branches de
l'ordre
de saint Benoît, a pris possession de la Dormition dès le
lendemain du don du sultan; les moines Bénédictins
ont aussitôt commencé la construction de leur
monastère,
qu'ils occupent déjà depuis plusieurs années et
l'église
de la Dormition sera achevée bientôt. Ces immeubles
s'élèvent, comme biens nationaux sur le Mont-Sion, tout
comme
le temple protestant allemand et ses annexes
s'élèvent
depuis plus de dix ans sur le Mouristan, l'ancien hôpital des
chevaliers
de Saint-Jean, à côté du
Saint-Sépulcre.
Ces établissements sont possédés par
l'Allemagne
au même titre que les autres nations, chrétiennes
possèdent
les leurs. |