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Première
année, Numéro 33
VENDREDI 8 JUIN 1906
SOMMAIRE:
Lex Orandi. - Joseph DES JOYAUX: Le Bien de famille INFORMATIONS ET DOCUMENTS
France.
- L'Assemblée. des Evêques. - La Commission
épiscopale. - Les Associations cultuelles. - La Libre
Pensée. - Loyalisme, etc. - Saint-Siège et Italie:
M. Fogazzaro. A l'Université de Rome. - Suppression de
Congrégations. - Les Anarchistes, etc. - Allemagne:
Les Syndicats ouvriers. - Angleterre:
Le Ritualisme anglican. - Autriche:
Un Lock-Out. - Belgique: Le .Parti catholique. - Les Missions du Congo,
etc. - Danemark
: La Bible au Groënland. - Etats-Unis:
Le Livre français, etc. - Portugal:
Les Républicains. - Serbie:
Les Régicides. - Suisse:
Pacifisme et Antimilitarisme, etc. - Russie: La Question agraire.
.
Mémoire confidentiel sur les Associations cultuelles allemandes. REVUE DES
PÉRIODIQUES
L'Eglise et le Peuple (Bulletin de l'Espérance).
Résistance et Culte privé (Etudes). - Paroles de Paix (Pages libres). Le lock-out en
Allemagne (Le Temps). -
L'abbé de Tourville (Revue
Augustinienne). - Charité publique ou privée (Le Relèvement social), etc. NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
Der Syllabus, par le Dr Franz
Heiner. - Comment rénover
l'Art chrétien, par Alphonse Germain, etc. Dernières
publications
BULLETIN POLITIQUE
L'Assemblée de
l'Episcopat français a eu lieu à Paris dans le calme le
plus absolu.
Cet événement a suscité dans tous les partis un
vif mouvement
d'attention et la simplicité toute apostolique qui a
présidé à ces
réunions n'a pas peu contribué à en augmenter la
grandeur. Les évêques
n'ont pas un instant songé à ressusciter un
cérémonial d'ancien régime;
ils sont venus sans apparat, usant de la liberté qu'ont tous les
citoyens français, délibérer sur les graves
intérêts dont ils ont la
garde. Certains ont regretté cette loi du secret qui a
enveloppé
l'Assemblée et sans doute le peuple chrétien
désire avec raison
connaître des délibérations qui sont pour lui si
importantes. Aussi
est-il probable que cette mesure n'est que transitoire et sera plus
tard supprimée. Dans les circonstances
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actuelles, après l'effervescence
et les polémiques de ces derniers mois, il n'est malheureusement que
trop vrai qu'il y avait quelque raison à la prendre. Ce secret
officiel
n'a d'ailleurs pas empêché la presse de fournir à
l'avidité de seslecteurs de nombreux
renseignements parfois assez peu concordants. De tout ce qui a
été
publié il semble bien toutefois résulter que
l'Assemblée se serait
prononcée en majorité pour l'utilisation de la loi. En
attendant des
renseignements plus précis, il est un symptôme que nous
pouvons
enregistrer dès maintenant et qui n'est peut-être pas sans
quelque
signification. Depuis quelques jours plusieurs journaux acquis à
la
résistance semblent prêts à se rallier à ce
qu'ils appellent l'essai
canonique de la loi et aux associations canoniques. Or, si l'on examine
ces dénominations de plus près on constate qu'il s'agit
de former des
associations cultuelles en insérant dans les statuts les
garanties
nécessaires à l'autorité de l'évêque.
Ayant été des premiers à montrer
la possibilité de ces garanties et à préconiser,
sous le nom d'essai
loyal cette solution, nous ne pouvons qu'enregistrer avec joie ces
symptômes. Quant au nom sous lequel progresse l'idée, il
importe fort
peu. ***
Les
noces espagnoles ont été
éclaboussées de sang. Les « risques du
métier », pour employer le
langage du roi Humbert, ne font pas défaut à Alphonse
XIII. La
mystérieuse folie qu'est l'Anarchie pratiquante, et dont les
mobiles
n'ont pas encore été entièrement
démêlés par les analystes les plus
subtils du phénomène, marche avec une singulière
persévérance dans
J'ombre du jeune souverain. Comment s'en détourner? Difficile
problème!
L'assassinat politique qui fut de tous les temps et ressortit toujours
de causes observées et connues, telles que la vengeance, la
cupidité,
ou encore la vanité qui pousse certains criminels à
s'illustrer par des
forfaits retentissants, semble échapper maintenant à de
telles règles.
]J revêt des apparences de désintéressement et
d'atroce héroïsme,
derrière lesquelles s'observe très difficilement sa
réalité. Ce sphinx,
accroupi dans un mystère impénétrable,
dévore les chefs d'Etat. Il faut
que les criminologistes et les psychologues nous disent son secret.***
A propos de sang, il
en est un
ruisseau vulgaire sans doute, mais pitoyable et écœurant,
et dont la
barbarie espagnole ne s'est point privée au lendemain même
de
l'attentat. Les gazettes de Madrid nous ont dénombré les
régiments de
chevaux étripés et de taureaux égorgés qui
ont expiré, en l'honneur du
mariage royal, sur le sable calciné de l'arène,
transformé en mortier
rouge. La jeune reine s'est évanouie, dit-on, à cette
ignoble
représentation. Il est certain que l'Espagne moderne n'a point
donné le
plus distingué des spectacles à l'Europe accourue aux
fêtes du mariage
royal. L'ignorance, la paresse, la brutalité sont loin
d'être extirpées
de cette terre historique. Alphonse XIII est sans doute un charmant et
courageux enfant. Mais a-t-il une tête et des bras suffisants
pour
conduire le soc régénérateur qu'il faudrait
enfoncer jusqu'à le faire
crier dans le sol de l'Espagne, où les fortes énergies de
l'esprit et
de l'âme germent si peu? |
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