Nos:
Première  année, Numéro 37
VENDREDI 6 JUILLET 1906
SOMMAIRE  :
V
















Q




SOMMAIRE:


















NOTRE PROGRAMME

























Paul BUREAU . . . . . . . . .
 La Participation aux bénéfices
Mgr PÉCHENARD, recteur de l'Institut catholique de Paris
Mgr BATIFFOL, recteur de l'Institut catholique de Toulouse
J. CALVET, professeur
 L'Enseignement  supérieur libre
Charles Van HAECKEN  Elections et  Partis politiques en Belgique

INFORMATIONS ET DOCUMENTS
    France: Les conséquences de la Séparation. - Nominations épiscopales. - Droit de grève. - Catholicisme et Pacifisme. - Le Denier du Culte. - Pensions ecclésiastiques. - L'Alliance des grands Séminaires. - Le Judaïsme libéral, etc. - Saint-Siège et Italie: L'Ecole primaire et les Catholiques. - L'arbitrage du Pape. - Le Denier de Saint-Pierre. - Le Patriarche de Jérusalem. - La nouvelle Revue de Don Murri. - Le "Non Expédit" mazzinien. - Allemagne: L'Enseignement d'Etat. - Angleterre: Un discours de M. Tittoni. - Le P. Tyrrel. L'Evangélisation des Juifs.. - Belgique: Les Classes moyennes. - Les Grèves. - Espagne: L'Anarchie à l'école. - Etats-Unis: La lutte contre les trusts, etc.
    REVUE DES PÉRIODIQUES
Lex Credendi (Allgemeine Zeitung). - Le comte Alexandre Carolyi (Le Peuple français).
    NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
Une Page d'histoire sur les Associations cultuelles aux Etats Unis, par M. l'abbé André

BULLETIN POLITIQUE
       On a dit que la présente législature serait caractérisée par les problèmes sociaux qu'elle soulèverait, de même que la dernière le fut par les questions de politique religieuse qu'elle a résolues. Le pronostic n'est pas très aventureux. Déjà, les exigences, les points de vue, les projets se font jour et s'empilent dans les colonnes des journaux et sur les bureaux du Parlement. Après les conquêtes d'opinion, conquêtes faciles à réaliser par des arguments de passion sur la multitude qui ne pense guère, l'heure a sonné pour certaines réalités qui seront très sensibles à chacun. L'impôt sur le revenu et les retraites ouvrières, très difficiles à établir avec justice, seront vraisemblablement l'œuvre du Parlement nouveau. Toute la question est de savoir dans quelles balances ces propositions seront pesées, quel sera leur mode d'application, si ce seront des lois de spoliation et de combat frappant une opulente minorité ou des lois de. justice distributive et de raison. Délicate perspective et qui inquiète justement les citoyens libres et laborieux, les seuls dont les doléances puissent nous toucher. A droite
comme à gauche, beaucoup se déterminent déjà qui pour les faux plateaux et qui les faux poids. Ici, on  cherchera à escamoter la richesse, là on se propose de la rançonner à outrance. Après la guerre religieuse, la guerre sociale. Cette dernière sera acharnée. Si la France était chrétienne, nous serions sans inquiétude.
   Mais elle est conservatrice ou révolutionnaire, seulement. A l'avènement de la justice sociale trop peu se proposent de collaborer. Les uns défendront âprement leur superflu. D'autres ne feront pas le moindre effort pour se procurer le nécessaire.
    Un des indices les plus nets de la lutte méthodique et serrée qui se prépare sur le terrain social, c'est l'offensive tardive prise par le capital, et son dessein de mieux en mieux défini de dresser le bloc de ses forces contre les forces concentrées du travail qui lui donnent l'assaut. Une confédération générale du capital industriel s'opposera demain à la Confédération générale du travail. Les « lock-out » patronaux répondront aux grèves ouvrières. Beaucoup de bons esprits déplorent cet antagonisme et craignent de voir les revendications légitimes des ouvriers échouer devant les coalitions patronales qui se préparent. Il nous paraît juste de faire observer que c'est plus de vingt années après son vote que les chefs d'industrie ont songé à mettre à profit la loi sur les syndicats et qu'ils y ont été contraints par des grèves révolutionnaires. Il n'empêche que ce soit là une déplorable nécessité. La fatalité, au surplus, sera la régularisatrice suprême de tous ces conflits, tant qu'ils ne seront pas réglés par la bonne volonté et l'esprit d'équité des belligérants revenus les uns et les autres au sens chrétien.
    A propos des retraites ouvrières que nous venons de mentionner, il importe de noter les déclarations faites par M. Poincaré devant la commission sénatoriale chargée de l'étude du projet. Le ministre des Finances a nettement distingué entre les dispositions de PRÉVOYANCE et les dispositions d'ASSISTANCE spécifiées dans le texte voté par la Chambre. Il a ajouté qu'il n'y avait lieu d'accorder des retraites qu'aux travailleurs ayant coopéré à leur constitution, les non-coopérants ne pouvant revendiquer que le bénéfice de la loi sur l'assistance. Enfin, il a déclaré qu'il n'admettait la coopération de l'Etat que dans la mesure des disponibilités budgétaires, ce qui équivaut à dire que la loi ne peut garantir le chiffre de 360 francs. M. Combes, M. Pelletan et leurs amis vont s'efforcer de faire de la surenchère à cette occasion et affecter un grand scandale, à la faveur de quoi ils espèrent mettre le ministère en échec et reprendre le pouvoir.
    Un des grands événements extérieurs de la semaine a été la conversion de la rente italienne. Cette opération, préparée par M. Luzzati, démontre la solidité actuelle du crédit italien et consacre la politique économe, prudente et ferme du roi Victor-Emmanuel III qui est, à tous les points de vue, un des souverains les plus accomplis et les plus distingués de l'Europe. Ce succès financier coïncide avec une nouvelle dépréciation de notre rente française, dépréciation qui ne résulte pas de la diminution de sa valeur réelle, ou plutôt possible, mais seulement des desseins mauvais ou tout au moins douteux des partis au pouvoir et surtout de la camarilla «combiste» qui est peut-être à la veille d'y arriver.





.
 











.