Nos:
Première  année, Numéro 46
VENDREDI 7 SEPTEMBRE 1906
  SOMMAIRE:
BULLETIN POLITIQUE
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NOTRE PROGRAMME
















Paul OLIVIÈR-LACROYE . . .   La nouvelle Ecole socialiste
SPECTATOR . . . . . . . . . . . . .
 L'Enseignement supérieur libre
Anatole LEROY-BEAULIEU  Une campagne antiprotestante
INFORMATIONS ET DOCUMENTS
    Autour de l'Encyclique : l'Assemblée des Evêques... L'Encyclique et l'Episcopat. - Les Documents du Temps et du Siècle. - La circulaire Briand. - La supplique au Pape. - L'Encyclique et la presse, etc., etc.
Notes bibliographiques.

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        Un groupe de catholiques, comprenant, paraît-il, des « personnalités éminentes » et «un certain nombre de membres du clergé », a adressé au Pape une lettre relative à la situation créée par l'Encyclique Gravissimo, suppliant le Saint-Père de revenir sur sa décision. Le Temps, qui reproduit cette lettre, estime qu'elle s'inspire du même esprit que celle que les vingt-trois écrivirent aux évêques Tel n'est point notre avis. La lettre des vingt-trois a été rédigée et expédiée aux évêques alors que la question était encore livrée à la libre discussion des catholiques. Depuis, il s'est produit un « fait nouveau », et ce fait, quelles que soient ses conséquences politiques, n'en est pas moins un fait religieux: le Pape portant son jugement au nom de la discipline catholique et des droits de l'autorité dans l'Eglise. Tout catholique doit donc désormais tenir compte de ce fait nouveau et s'il n'est aucunement défendu à ceux dont le patriotisme redoute les conséquences de l'Encyclique de chercher une issue à un conflit douloureux, du moins ne peuvent-ils le faire que sur de nouvelles bases qui ne soient pas contraires à la parole du Pape. C'est précisément sur ce point que les rédacteurs du document publié par le Temps nous semblent faire fausse route. Leur pétition est, en effet, fondée sur l'opinion qu'aucune « question vitale » n'est ici en jeu. Or, c'est la conviction contraire qui est à la base de l'Encyclique. Une supplique de cette nature pouvait être utile avant le 10 août, elle est actuellement vaine.
    A l'heure où nous traçons ces lignes, les évêques français mettent la main sur les destinées religieuses de la France. L'heure est donc hautement solennelle. Et nul ne s'étonnera si nous sommes émus. C'est notre sort qui se décide, c'est de notre plus grave affaire qu'il s'agit. Ce n'est point parce qu'il s'élabore dans le secret et en dehors de notre participation que nous pouvons rester indifférents ou étrangers au jugement dont nous sommes les justiciables. Après avoir sauvegardé
les droits de l'Eglise et la majesté du pasteur suprême, il importera
aussi de songer à l'âme des multitudes. L'indifférence pour des pratiques   religieuses, trop souvent vides de signification aux religieux et les tendances chrétiennes de cette même foule, tendances qui se font jour beaucoup plus qu'on ne croit dans ses aspirations vers plus de justice sociale et aussi dans cet accroissement ingénu de solidarité humaine qui sera l'honneur de notre temps. Un culte public et populaire, tangible et visible, est indispensable à la sauvegarde de cet idéal religieux. Il importe donc avant tout de maintenir le plus possible, sous leurs formes actuelles, en les améliorant, s'il se peut encore, en compréhension populaire et en simplicité, les pratiques extérieures et séculaires du culte catholique. Aussi, prenons-nous la respectueuse liberté de souhaiter que l'assemblée épiscopale ne détourne point son regard de la France, de ses habitudes et de ses besoins. Pourquoi, encore une fois, puisqu'elle est exclusivement composée de citoyens français, ne prendrait-elle pas l'initiative de se tourner vers le gouvernement de notre pays et de lui demander, sans malsonnances ni hauteur, un amendement raisonnable à sa loi ?
    La Pologne est moins plastique que l'Alsace-Lorraine et il n'est pas commode de la germaniser. La Ligue de «colonisation allemande de la Pologne», qui vient de tenir un congrès à Marienbourg, a constaté avec mélancolie que son œuvre est en recul. La Ligue fut fondée en 1894. Son but était de faite passer le plus possible entre des mains allemandes, en les arrachant par la menace, la persuasion ou des offres tentantes, les propriétés foncières détenues jusqu'ici par des Polonais dans les provinces orientales de la Prusse. Les statistiques nous apprennent qu'en l'espace de dix ans, pus de 500 millions de marks ont été affectés à cette opération. Elles nous apprennent, en même temps, que es Polonais possèdent, à l'heure actuelle, plus de 120.000 acres de terres qu'ifs n'en possédaient, il y a dix années. L'explication en est des plus simples. Séduits par le prix élevé qu'on leur en offrait, les anciens propriétaires fonciers vendaient leurs terres, parfois criblées d'hypothèques. Le colon allemand transplanté par la Ligue dans ce milieu réfractaire ne tardait pas à revendre à bas prix à l'indigène ce qu'il avait payé fort cher, grâce aux subventions du royaume de Prusse. De telle sorte que l'élément polonais finissait par bénéficier des sacrifices d'argent consentis en vue de son extermination. En désespoir de cause, la Ligue a émis le vœu que le gouvernement prononçât l'expropriation d'office des grands domaines polonais. Notons qu'elle est composée de hobereaux prussiens, tous grands propriétaires pour la plupart, et à l'égard desquels le socialisme nourrit exactement les mêmes desseins! Ce n'est pas seulement son sol que la Pologne défend, c'est aussi son âme. Une curieuse et héroïque grève vient d'éclater dans les écoles de la Pologne allemande tenues par des instituteurs prussiens. Des milliers d'enfants se sont mis à refuser de réciter leurs prières en langue allemande. Ni les objurgations, ni le fouet ne sont venus à bout de cet entêtement.


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La dépêche des évêques au Pape
     La Croix fait observer que, dans la dépêche des évêques au Pape, il y a un mot qu'on n'a pas assez remarqué:   
    On affecte de croire, dit-elle, que les catholiques font une opposition systématique et sans raison, qu'ils veulent le désordre, la guerre. Les évêques, au contraire, déclarent qu'ils désirent la paix publique. Une discussion au Parlement est inévitable. On aura ainsi une occasion facile de donner la satisfaction nécessaire:
    Si on la donne, oui, la porte est ouverte. Nous pouvons encore espérer la « paix publique ». Si on la refuse, tout pourra arriver, mais le Pape, l'épiscopat et les catholiques ne faibliront pas. Les prélats se sont entretenus de ces questions dans leurs deux premières réunions. Bien entendu, nous ignorons s'ils ont pris des résolutions positives et comment leur pensée certaine s'exprimera, mais leur télégramme au Pape en dit long tant sur leur intention de rester unis dans une fermeté Inébranlable que sur leur désir de voir assurer la paix publique.
III
    L'Encyclique et l'épiscopat
    Tous les évêques français adhèrent, sous une forme ou sous une autre, à l'Encyclique du 10 août. Voici encore quelques-unes des adhésions les plus significatives :
    Une note de Mgr Mignot:
    La parole pontificale sera accueillie dans le diocèse, nous n'en doutons pas, avec les sentiments de respect et de docilité que le Souverain Pontife est en droit d'attendre du clergé et des catholiques de France. L'ère des discussions est close; il n'y a plus qu'à se préparer avec courage et sang-froid dans l'union et la prière aux redoutables épreuves que la Providence semble ne pas vouloir nous épargner,
    Du cardinal Coullié, archevêque de Lyon:
    On a dit à tort que Pie X condamne les associations édictées par la loi française, alors que Pie IX avait, pour la nation voisine, toléré un système d'associations semblables. Notre devoir, nos très chers frères, est de repousser cette allégation, et l'Encyclique de notre

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bien-aimé Pontife Pie X nous le demande. Non, Quand Rome répondit aux évêques d'Allemagne qu'on pouvait  tolérer, pour éviter de plus grands maux », la formation des «comités d'Eglise» tels que les édictait la loi du 20 juin 1875, il n'était pas question de mettre entièrement de côté l'autorité de la hiérarchie. Bien au contraire, ces associations étaient soumises au contrôle et à la tutelle des curés et des évêques. Et malgré qu'il s'agit, là aussi,
d'une loi de persécution et de haine, la vie de la sainte Eglise n'était. point étouffée radicalement et dans sa source, ainsi qu'il se trouve dans les dispositions de notre législation nouvelle.
    De Mgr Herscher, évêque de Langres :
    Tout espoir de conciliation entre l'Eglise et l'Etat d'abord n'est peut-être pas perdu. L'Eglise, au fond, ne demande que deux choses à l'Etat: la première, c'est de respecter la hiérarchie, et la seconde, c'est de lui accorder le droit commun. Pourquoi serait-il défendu d'espérer qu'en ce pays de France, terre classique de la loyauté et de bon sens, l'Etat finira par comprendre qu'il est de son intérêt de ne pas froisser nos conscience et de ne pas nous soumettre à une régime d'exception?

.De Mgr Bonnefoy Archevêque d'Aix
    Rome a parlé. Par nus, prêtres..., l'Eglise de France donnera à la nation dévastée par l'anarchie, la réconfortante leçon de sa constitution intangible, do sa discipline inattaquable, de son loyalisme envers l'Etat, de son dévouement au bien public et de son inlassable travail moralisateur.
De Mgr Servonnet, Archevêque de Bourges
    Gardez le calme et la possession de vous-mêmes; recevez toujours avec la politesse .chrétienne et sacerdotale (gentiment, comme vous dites ici) les agents de l'autorité civile quand ils viendront exécuter la loi; mais exigez qu'ils présentent leur mandat et exposez vos titres. Demandez en bons termes et obtenez des délais, et si on ne veut pas vous les accorder, il faudra  les prendre, c'est-à-dire ne reculer que pied à pied, ne sortir que par la force de vos maisons et surtout de vos églises; et, quand vous en serez sorti, vous tâcherez d'y rentrer. La fermeté et l'énergie seront donc à égal de la douceur et du sang-froid.
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L'Osservatore Romano a publié sous le titre.. « Equivoque ou mauvaise foi Il, une réponse au Temps de son directeur M. Angelini. Il n'y est pas question des; documents publiés par le Siècle, qui sont généralement regardés comme authentiques.
...Le Temps, en racontant comment se seraient passées les délibérations des évêques, affirme que ceux-ci, à la première question qui leur avait été faite: « Approuvez vous la loi de Séparation? » auraient répondu à l'unanimité moins deux voix, dans le sens négatif; puis que, par quarante-huit voix sur soixante-quatorze, c'est-à-dire avec une majorité de vingt-deux voix, ils se seraient prononcés en faveur des associations cultuelles. Voilà comment, d'après le Temps, le pape altère et trahit la vérité quand, dans sa dernière Encyclique, il affirme l'unanimité des évêques pour le rejet de ces associations.
    Il faut avoir toute l'inexpérience et l'inconscience d'une feuille protestante comme le Temps au sujet de l'autorité du Souverain Pontife et de l'obéissance qui lui est due, pour admettre la possibilité de la première demande, qui, selon ce journal, aurait été faite à l'assemblée des évêques. Demander, en effet, à une auguste assemblée de pasteurs de l'Eglise s'ils acceptent ou non une loi contre laquelle le pape a delà lancé formellement, solennellement la condamnation dans sa première Encyclique, serait lui faire une injure qui peut paraître tolérable au Temps, mais que, certainement, ne se serait pas permise celui qui présidait l'assemblée,
    Voilà pourquoi l'Encyclique, du pape, en affirmant le rejet presque unanime de ces associations de la part des évêques, non seulement a dit une chose parfaitement conforme à la vérité, mais encore s'est servie pour l'exprimer, des paroles mêmes dont se servirent les évêques pour déclarer que pareilles associations n'étaient pas possibles sans blesser les droits essentiels de l'Eglise.
    Et l'Encyclique n'aborde la seconde question relative à la possibilité d'autres associations canonique! qu'après avoir établi que la première question avait été résolue dans un sens négatif par le vote presque unanime de l'assemblée des évêques...
Réponse du Temps:
    Il est parfaitement inutile de discuter avec l'Osservatore Romano. L'organe pontifical essaie de couvrir les mauvais conseillers de Pie X, mais il ne répond pas à l'argument que nous avons développé : à savoir que l'Encyclique rejette sur les évêques de France une responsabilité qu'ils n'ont pas. Quoi qu'en dise l'Osservatore Romano, l'Encyclique n'est ni franche, ni claire; et cette équivoque et cette obscurité paraissent préméditées.

Note de la Semaine Religieuse de Besançon :
    Nous recommandons au clergé et aux fidèles du diocèse de ne point se laisser émouvoir par les considérations d'une presse sans autorité dans les questions religieuses, ni surtout pat la publication toute récente de documents inexacts et de comptes rendus erronés relatifs à l'assemblée plénière des évêques français. Lorsque le Vicaire de Jésus-Christ décide des choses de la foi, nous croyons à son enseignement infaillible, car il a été chargé par Notre-Seigneur de confirmer ses frères. Lorsqu'il DECIDE dans lés questions disciplinaires, sachant, qu'il a reçu pleine paissance de gouverner l'Eglise universelle; nous obéissons religieusement et sans arrière-pensée à sa souveraine autorité. Tel est le devoir strict des évêques, des prêtres, des fidèles; talles sont aussi leur sauvegarde et leur consolation.

Extrait d'une Circulaire dé M. Briand
    "Au fond, deux principes dominent le régime des associations cultuelles. Ils dérivent de la combinaison des articles 18 et 19 de la loi. On peut les formuler en ces termes 1:
    1° Toute association ou tout groupement qui a pour objet direct ou indirect l'exercice public d'un culte, ses frais ou son entretien, est une association cultuelle, ainsi que l'a indiqué le Conseil d'Etat dans une note du 7 mats 1906) dont il a accompagné le règlement d'administration publique; ..
    2° Une association cultuelle ne peut avoir pour objet direct ou indirect l'exercice public d'un culte, ses frais ou son entretien
    En conséquente, il faut considérer comme rentrant dans les attributions exclusives des associations cultuelles non seulement la célébration du culte public sous toutes ses formes, mais encore la propagande religieuse lorsqu'elle se manifeste publiquement par des pratiques cultuelles, ainsi que les dépenses de toute nature qui se rattachent a l'exercice public d'un culte, qu'elles concernent le personnel ecclésiastique (recrutement, préparation des futurs ministres du culte, traitements, secours ou pensions à allouer aux 
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ministres ou anciens ministres du culte, etc.), ou les éditrices cultuels' (décoration, réparations, etc.). .
    Au contraire, échappent au domaine d'action des associations cultuelles, les œuvres, même confessionnelles, consacrées à l'enseignement, à la bienfaisance, à l'assistance ou tout autre objet d'utilité sociale.
    Les Unions d'associations sont régies par les mêmes principes.
    Les associations cultuelles, dont l'objet vient d'être précisé, ont toute liberté pour se constituer, moyennant l'accomplissement des formalités auxquelles il a été fait allusion plus haut: c'est ce qui résulte implicitement de l'article 18 de la loi et ce que proclame formellement l'article 30 du règlement d'administration publique...
Toute association cultuelle, même légalement formée, n'est pas apte à recevoir les biens d'un établissement ecclésiastique. Pour avoir qualité à cet effet, elle doit remplir les conditions voulues par l'article 4 et notamment il faut qu'elle ait son siège dans les limites territoriales fixées par cet article. ..
   Je crois, a cette occasion, devoir vous faire observer que les prescriptions dudit article 4 ont été interprétées dans le sens le plus large par l'article 3 du règlement dont je recommande les dispositions a votre attention
A propos de cette circulaire, M. Jaurès s'exprime ainsi dans l'Humanité:
    Briand a voulu sans doute obliger les évêques à capituler pleinement et à choisir entre l'acceptation entière et directe des associations cultuelles condamnées par l'Encyclique et l'abandon de tout culte catholique. A mon sens, il a pris une fausse voie. La vraie sanction, c'est d'appliquer vigoureusement la loi de 1905; de donner aux établissements de bienfaisance tous les biens d'Eglise et de rendre aux communes la libre disposition des édifices religieux, et, au demeurant, de laisser aux catholiques, s'ils renoncent aux associations cultuelles et aux privilèges qui y correspondent, toute liberté de s'organiser d'après la loi générale de 1901, sous la seule garantie et dans les limites du droit commun.
VI
Extrait d'une supplique adressée au Pape par un Groupe de catholiques
Celte supplique a été publiée par le Temps du 2 septembre, qui annonce que les signataires ont décidé de ne pas livrer leurs noms à la publicité. « Mais ils se sont, paraît-il, engagés à se faire connaître si les circonstance, l'exigent» ..
    Après l'accueil qui fut fait, il y a trois mois, à la lettre des académiciens et des juristes, dont plusieurs sont nos collègues ou nos amis, après la campagne d'insinuations perfides, d'ironies lourdes et parfois grossières, qui fut menée par une certaine presse religieuse contre les signataires de ce document d'allure pourtant si noble, de forme si différente, d'inspiration si haute. Nous avons pensé qu'il valait mieux laisser nos idées et nos observations se présenter' pour ainsi dire elles-mêmes avec le seul appui de la raison et de la vérité...
il est utile que vous le sachiez encore, Très Saint-Père; si votre lettre a attristé tous les bons citoyens, elle a réjoui, au contraire, tous les fauteurs de violence, de haine et de discorde, ceux qui, depuis trente-cinq ans, font une, opposition irréductible et systématique au gouvernement de la République et considèrent comme un triomphe pour leur cause tous les événements extérieurs ou intérieurs qui sont de nature à créer de l'embarras à ce régime abhorré. Pour s'en convaincre, il suffit de dresser la liste des journaux de Paris et de province et de collectionner les innombrables articles consacrés à l'Encyclique. Ceux-là. seuls ont applaudi. qui sont les tenants affichés du royalisme, de l'impérialisme et de l'antisémitisme.
Après s'être ouvertement ou hypocritement insurgé pendant dix ans contre les sages directions de votre grand prédécesseur, ils étalent aujourd'hui un zèle bruyant, tout verbal pour la religion, parce que c'est le seul moyen qui lui reste de ramener a eux les populations simples et ignorantes, qui ont. déserté leur drapeau! mais la démocratie française, qui les a vus trop souvent a l'œuvre, ne sera pas dupe de ces démonstrations. Elle sait que pour ces brouillons incorrigibles la religion n'a jamais été qu'un masque, dont on se débarrasse quand la comédie est jouée...
    ...La perspective de ruines si étendues, de détresses morales et matérielles, si prochaines et si inévitables n'aurait cependant pour des chrétiens rien d'humiliant ni de, décourageant s'il s'agissait dans ce conflit entre, les décisions de votre Sainteté et la législation de la république d'une de ces questions vitales de dogme ou de morale où il apparaîtrait à tous que l'Eglise ne pourrait céder, sans cesser d'être ce qu'elle a toujours été et ce qu'il faut qu'elle continue d'être pour rester l'Eglise de Jésus-Christ.
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