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La dépêche des
évêques au Pape
La Croix fait
observer que, dans la dépêche des évêques au
Pape, il y a un mot qu'on n'a pas assez
remarqué:
On affecte
de croire, dit-elle,
que les catholiques font une opposition systématique et sans
raison,
qu'ils veulent le désordre, la guerre. Les évêques,
au contraire,
déclarent qu'ils désirent la paix publique. Une
discussion au Parlement
est inévitable. On aura ainsi une occasion facile de donner la
satisfaction nécessaire:
Si on la
donne, oui, la porte
est ouverte. Nous pouvons encore espérer la « paix
publique ». Si on la
refuse, tout pourra arriver, mais le Pape, l'épiscopat et les
catholiques ne faibliront pas. Les prélats se sont entretenus de
ces
questions dans leurs deux premières réunions. Bien
entendu, nous
ignorons s'ils ont pris des résolutions positives et comment
leur
pensée certaine s'exprimera, mais leur télégramme
au Pape en dit long
tant sur leur intention de rester unis dans une fermeté
Inébranlable
que sur leur désir de voir assurer la paix publique.
III
L'Encyclique et l'épiscopat
Tous les
évêques français
adhèrent, sous une forme ou sous une autre, à
l'Encyclique du 10 août.
Voici encore quelques-unes des adhésions les plus significatives
:
Une note de Mgr Mignot:
La parole
pontificale sera
accueillie dans le diocèse, nous n'en doutons pas, avec les
sentiments
de respect et de docilité que le Souverain Pontife est en droit
d'attendre du clergé et des catholiques de France. L'ère
des
discussions est close; il n'y a plus qu'à se préparer
avec courage et
sang-froid dans l'union et la prière aux redoutables
épreuves que la
Providence semble ne pas vouloir nous épargner,
Du cardinal
Coullié, archevêque de Lyon:
On a dit
à tort que Pie X
condamne les associations édictées par la loi
française, alors que Pie
IX avait, pour la nation voisine, toléré un
système d'associations
semblables. Notre devoir, nos très chers frères, est de
repousser cette
allégation, et l'Encyclique de notre
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bien-aimé Pontife Pie X nous le
demande. Non, Quand Rome répondit aux évêques
d'Allemagne qu'on
pouvait tolérer, pour éviter de plus grands maux
», la formation des
«comités d'Eglise» tels que les édictait la
loi du 20 juin 1875, il
n'était pas question de mettre entièrement de
côté l'autorité de la
hiérarchie. Bien au contraire, ces associations étaient
soumises au
contrôle et à la tutelle des curés et des
évêques. Et malgré qu'il
s'agit, là aussi,
d'une loi de
persécution et de
haine, la vie de la sainte Eglise n'était. point
étouffée radicalement
et dans sa source, ainsi qu'il se trouve dans les dispositions de notre
législation nouvelle.
De Mgr
Herscher, évêque de Langres :
Tout
espoir de conciliation
entre l'Eglise et l'Etat d'abord n'est peut-être pas perdu.
L'Eglise,
au fond, ne demande que deux choses à l'Etat: la
première, c'est de
respecter la hiérarchie, et la seconde, c'est de lui accorder le
droit
commun. Pourquoi serait-il défendu d'espérer qu'en ce
pays de France,
terre classique de la loyauté et de bon sens, l'Etat finira par
comprendre qu'il est de son intérêt de ne pas froisser nos
conscience
et de ne pas nous soumettre à une régime d'exception?
.De Mgr Bonnefoy
Archevêque d'Aix
Rome a
parlé. Par nus,
prêtres..., l'Eglise de France donnera à la nation
dévastée par
l'anarchie, la réconfortante leçon de sa constitution
intangible, do sa
discipline inattaquable, de son loyalisme envers l'Etat, de son
dévouement au bien public et de son inlassable travail
moralisateur.
De Mgr Servonnet,
Archevêque de Bourges
Gardez le
calme et la
possession de vous-mêmes; recevez toujours avec la politesse
.chrétienne et sacerdotale (gentiment, comme vous dites ici) les
agents
de l'autorité civile quand ils viendront exécuter la loi;
mais exigez
qu'ils présentent leur mandat et exposez vos titres. Demandez en
bons
termes et obtenez des délais, et si on ne veut pas vous les
accorder,
il faudra les prendre, c'est-à-dire ne reculer que pied
à pied, ne
sortir que par la force de vos maisons et surtout de vos
églises; et,
quand vous en serez sorti, vous tâcherez d'y rentrer. La
fermeté et
l'énergie seront donc à égal de la douceur et du
sang-froid.
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L'Osservatore Romano a
publié sous le titre.. « Equivoque ou mauvaise foi Il, une
réponse au
Temps de son directeur M. Angelini. Il n'y est pas question des;
documents publiés par le Siècle, qui sont
généralement regardés comme
authentiques.
...Le Temps, en racontant
comment
se seraient passées les délibérations des
évêques, affirme que ceux-ci,
à la première question qui leur avait été
faite: « Approuvez vous la
loi de Séparation? » auraient répondu à
l'unanimité moins deux voix,
dans le sens négatif; puis que, par quarante-huit voix sur
soixante-quatorze, c'est-à-dire avec une majorité de
vingt-deux voix,
ils se seraient prononcés en faveur des associations cultuelles.
Voilà
comment, d'après le Temps, le pape altère et trahit la
vérité quand,
dans sa dernière Encyclique, il affirme l'unanimité des
évêques pour le
rejet de ces associations.
Il faut
avoir toute
l'inexpérience et l'inconscience d'une feuille protestante comme
le
Temps au sujet de l'autorité du Souverain Pontife et de
l'obéissance
qui lui est due, pour admettre la possibilité de la
première demande,
qui, selon ce journal, aurait été faite à
l'assemblée des évêques.
Demander, en effet, à une auguste assemblée de pasteurs
de l'Eglise
s'ils acceptent ou non une loi contre laquelle le pape a delà
lancé
formellement, solennellement la condamnation dans sa première
Encyclique, serait lui faire une injure qui peut paraître
tolérable au
Temps, mais que, certainement, ne se serait pas permise celui qui
présidait l'assemblée,
Voilà pourquoi l'Encyclique, du
pape, en affirmant le rejet presque unanime de ces associations de la
part des évêques, non seulement a dit une chose
parfaitement conforme à
la vérité, mais encore s'est servie pour l'exprimer, des
paroles mêmes
dont se servirent les évêques pour déclarer que
pareilles associations
n'étaient pas possibles sans blesser les droits essentiels de
l'Eglise.
Et
l'Encyclique n'aborde la
seconde question relative à la possibilité d'autres
associations
canonique! qu'après avoir établi que la première
question avait été
résolue dans un sens négatif par le vote presque unanime
de l'assemblée
des évêques...
Réponse du Temps:
Il est
parfaitement inutile de
discuter avec l'Osservatore Romano. L'organe pontifical essaie de
couvrir les mauvais conseillers de Pie X, mais il ne répond pas
à
l'argument que nous avons développé : à savoir que
l'Encyclique rejette
sur les évêques de France une responsabilité qu'ils
n'ont pas. Quoi
qu'en dise l'Osservatore Romano, l'Encyclique n'est ni franche, ni
claire; et cette équivoque et cette obscurité paraissent
préméditées.
Note de la Semaine
Religieuse de Besançon :
Nous
recommandons au clergé et
aux fidèles du diocèse de ne point se laisser
émouvoir par les
considérations d'une presse sans autorité dans les
questions
religieuses, ni surtout pat la publication toute récente de
documents
inexacts et de comptes rendus erronés relatifs à
l'assemblée plénière
des évêques français. Lorsque le Vicaire de
Jésus-Christ décide des
choses de la foi, nous croyons à son enseignement infaillible,
car il a
été chargé par Notre-Seigneur de confirmer ses
frères. Lorsqu'il DECIDE
dans lés questions disciplinaires, sachant, qu'il a reçu
pleine
paissance de gouverner l'Eglise universelle; nous obéissons
religieusement et sans arrière-pensée à sa
souveraine autorité. Tel est
le devoir strict des évêques, des prêtres, des
fidèles; talles sont
aussi leur sauvegarde et leur consolation.
Extrait d'une
Circulaire dé M. Briand
"Au fond,
deux principes
dominent le régime des associations cultuelles. Ils
dérivent de la
combinaison des articles 18 et 19 de la loi. On peut les formuler en
ces termes 1:
1°
Toute association ou tout
groupement qui a pour objet direct ou indirect l'exercice public d'un
culte, ses frais ou son entretien, est une association cultuelle, ainsi
que l'a indiqué le Conseil d'Etat dans une note du 7 mats 1906)
dont il
a accompagné le règlement d'administration publique; ..
2° Une
association cultuelle ne
peut avoir pour objet direct ou indirect l'exercice public d'un culte,
ses frais ou son entretien
En
conséquente, il faut
considérer comme rentrant dans les attributions exclusives des
associations cultuelles non seulement la célébration du
culte public
sous toutes ses formes, mais encore la propagande religieuse
lorsqu'elle se manifeste publiquement par des pratiques cultuelles,
ainsi que les dépenses de toute nature qui se rattachent a
l'exercice
public d'un culte, qu'elles concernent le personnel
ecclésiastique
(recrutement, préparation des futurs ministres du culte,
traitements,
secours ou pensions à allouer aux
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ministres ou anciens ministres du
culte, etc.), ou les éditrices cultuels' (décoration,
réparations,
etc.). .
Au
contraire, échappent au
domaine d'action des associations cultuelles, les œuvres, même
confessionnelles, consacrées à l'enseignement, à
la bienfaisance, à
l'assistance ou tout autre objet d'utilité sociale.
Les Unions
d'associations sont régies par les mêmes principes.
Les
associations cultuelles,
dont l'objet vient d'être précisé, ont toute
liberté pour se
constituer, moyennant l'accomplissement des formalités
auxquelles il a
été fait allusion plus haut: c'est ce qui résulte
implicitement de
l'article 18 de la loi et ce que proclame formellement l'article 30 du
règlement d'administration publique...
Toute association cultuelle,
même
légalement formée, n'est pas apte à recevoir les
biens d'un
établissement ecclésiastique. Pour avoir qualité
à cet effet, elle doit
remplir les conditions voulues par l'article 4 et notamment il faut
qu'elle ait son siège dans les limites territoriales
fixées par cet
article. ..
Je crois, a
cette occasion,
devoir vous faire observer que les prescriptions dudit article 4 ont
été interprétées dans le sens le plus large
par l'article 3 du
règlement dont je recommande les dispositions a votre attention
A propos de cette circulaire,
M. Jaurès s'exprime ainsi dans l'Humanité:
Briand a
voulu sans doute
obliger les évêques à capituler pleinement et
à choisir entre
l'acceptation entière et directe des associations cultuelles
condamnées
par l'Encyclique et l'abandon de tout culte catholique. A mon sens, il
a pris une fausse voie. La vraie sanction, c'est d'appliquer
vigoureusement la loi de 1905; de donner aux établissements de
bienfaisance tous les biens d'Eglise et de rendre aux communes la libre
disposition des édifices religieux, et, au demeurant, de laisser
aux
catholiques, s'ils renoncent aux associations cultuelles et aux
privilèges qui y correspondent, toute liberté de
s'organiser d'après la
loi générale de 1901, sous la seule garantie et dans les
limites du
droit commun.
VI
Extrait d'une
supplique adressée au Pape par un Groupe de catholiques
Celte supplique a
été publiée par
le Temps du 2 septembre, qui annonce que les signataires ont
décidé de
ne pas livrer leurs noms à la publicité. « Mais ils
se sont, paraît-il,
engagés à se faire connaître si les circonstance,
l'exigent» ..
Après l'accueil qui fut fait,
il y a trois mois, à la lettre des académiciens et des
juristes, dont
plusieurs sont nos collègues ou nos amis, après la
campagne
d'insinuations perfides, d'ironies lourdes et parfois
grossières, qui
fut menée par une certaine presse religieuse contre les
signataires de
ce document d'allure pourtant si noble, de forme si différente,
d'inspiration si haute. Nous avons pensé qu'il valait mieux
laisser nos
idées et nos observations se présenter' pour ainsi dire
elles-mêmes
avec le seul appui de la raison et de la vérité...
il est utile que vous le
sachiez
encore, Très Saint-Père; si votre lettre a
attristé tous les bons
citoyens, elle a réjoui, au contraire, tous les fauteurs de
violence,
de haine et de discorde, ceux qui, depuis trente-cinq ans, font une,
opposition irréductible et systématique au gouvernement
de la
République et considèrent comme un triomphe pour leur
cause tous les
événements extérieurs ou intérieurs qui
sont de nature à créer de
l'embarras à ce régime abhorré. Pour s'en
convaincre, il suffit de
dresser la liste des journaux de Paris et de province et de
collectionner les innombrables articles consacrés à
l'Encyclique.
Ceux-là. seuls ont applaudi. qui sont les tenants
affichés du
royalisme, de l'impérialisme et de l'antisémitisme.
Après s'être
ouvertement ou
hypocritement insurgé pendant dix ans contre les sages
directions de
votre grand prédécesseur, ils étalent aujourd'hui
un zèle bruyant, tout
verbal pour la religion, parce que c'est le seul moyen qui lui reste de
ramener a eux les populations simples et ignorantes, qui ont.
déserté
leur drapeau! mais la démocratie française, qui les a vus
trop souvent
a l'œuvre, ne sera pas dupe de ces démonstrations. Elle sait que
pour
ces brouillons incorrigibles la religion n'a jamais été
qu'un masque,
dont on se débarrasse quand la comédie est jouée...
...La
perspective de ruines si
étendues, de détresses morales et matérielles, si
prochaines et si
inévitables n'aurait cependant pour des chrétiens rien
d'humiliant ni
de, décourageant s'il s'agissait dans ce conflit entre, les
décisions
de votre Sainteté et la législation de la
république d'une de ces
questions vitales de dogme ou de morale où il apparaîtrait
à tous que
l'Eglise ne pourrait céder, sans cesser d'être ce qu'elle
a toujours
été et ce qu'il faut qu'elle continue d'être pour
rester l'Eglise de
Jésus-Christ.
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