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SUISSE: Le Congrès marial.
Au congrès
marial tenu à
Einsedeln, M. le chanoine Huguet, ancien professeur à l'Institut
catholique de Paris, a lu un rapport sur les apparitions de
Pellevoisin. On lut aussi quelques pages de l'abbé Faurax, de
Lyon,
directeur du pèlerinage à la Santa Casa, attaquant le
livre de M.
Ulysse Chevalier.
TUNISIE: La Propagande
panislamique.
Le gouvernement tunisien,
statuant
sur le cas de Si Abdenazak Ghattas, directeur de l'Ami du Peuple, qui
vient de publier plusieurs articles violents contre la France et le bey
de Tunis, a prononcé, le 1er septembre, l'interdiction du
journal et
infligé à son directeur mille francs d'amende. En outre,
Si Abdenazak
Ghattas comparaîtra à là prochaine audience devant
le bey et recevra
.un blâme officiel du souverain. On constate tout cet
été un mouvement
insolite de touristes allemands en Tunisie et en Algérie. En
Tunisie,
dans les domiciles des principaux agents du gouvernement beylical, on
voit fixées au mur, à la place d'honneur, des
chromolithographies
toutes neuves représentant le sultan de Constantinople, l'empereur
et l'impératrice d'Allemagne. Guillaume. II est
représenté en tenue
guerrière avec casque et cuirasse. Autre détail. Les
établissements de
crédit de Tunis, qui, jadis,
ne recevaient guère au nom des touristes allemands que des
lettres de
crédit ne dépassant pas deux mille ou trois mille francs,
ont eu à
payer à quelques-uns de ceux qui vinrent nous visiter cet
été, des
sommes atteignant trente mille et quarante mille francs. On se demande
où .sont passées de telles sommes.
AUTOUR
DE L'ENCYCLIQUE (SUITE):
L'Assemblée épiscopale
Des
décisions prises par
l'Assemblée des évêques, les unes ont
été, paraît-il, tenues secrètes
pour être soumises au pape, d'autres ont été
immédiatement connues. La
Croix résume ainsi ces dernières: Au 11 décembre,
continuer le culte et
garder passivement ses positions, si d'ici là « des
garanties certaines
et légales" n'ont pas été données aux
catholiques.
Compléter partout, avec les
variétés nécessaires suivant les diocèses
et les provinces, et avec des
caisses diocésaines et provinciales, l'organisation
indispensable du
denier du culte, en évitant, la coaction personnelle, mais en
faisant
peu à peu entrer dans les mœurs la nécessaire
participation des fidèles
à l'entretien du culte et du clergé.
Transmettre, si le pape en
donne l'autorisation, à des établissements
d'utilité publique
catholiques, dans la mesure du possible, les biens scolaires et
charitables.
Envoyer au
pape une adresse d'adhésions filiale, complète et unanime.
Adresser
aux catholiques de
France une « lettre collective», qui étant un
document pastoral, n'aura
pas le caractère sensationnel que beaucoup attendent.
La Croix
donne, d'autre part, les renseignements suivants:
"Plusieurs
journaux ont annoncé
que l'Assemblée des évêques aurait donné
à trois évêques mission de
négocier avec M. Briand pour chercher un terrain d'entente.
Ainsi qu'il
fallait s'y attendre, cette information est absolument démentie.
La
dignité de l'Eglise ne permet pas à l'épiscopat
d'engager des
pourparlers directs avec un gouvernement qui affecte d'ignorer le pape.
Au moins faudrait-il l'autorisation du chef de l'Eglise. Il importe
sans retard de couper les ailes à ce canard.
Il n'y
à la situation actuelle
que deux solutions pacifiques : ou des négociations loyalement
ouvertes
par le gouvernement français avec le Vatican, ou une
modification
explicative de la loi faite par le Parlement et donnant aux catholiques
les garanties nécessaires...
L'assemblée plénière des
évêques n'est que prorogée. Les prélats
tiennent à prendre en commun
toutes les mesures importantes. Parmi les évêques, il en
est qui
désirent une réunion nouvelle au mois de
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janvier. D'autres parlent du
printemps. La fixation de la date dépend des circonstances.
La Croix fait allusion
à des déclarations d'un évêque,
publiées par l'Echo de Paris et ainsi conçues:
Nous avons
autorisé trois de
nos collègues passant pour très influents à
demander à' M. Briand les
garanties légales. que le pape considère, et nous avec
lui, comme
nécessaires pour l'acceptation de la loi.
Nos
délégués doivent notamment
insister sur la modification de l'article 8 de la loi, attribuant au
Conseil d'Etat les litiges soulevés par des associations
cultuelles en
concurrence et enlevant au libéralisme de l'article 4 tout
avantage. A
quoi bon, en effet, donner des statuts conformes au droit canonique
à
des associations, si d'autres associations peuvent se constituer sur
d'autres bases et en dehors de toute direction catholique? Un texte de
loi, proclamant dans ces contestations l'avis de l'évêque,
non plus
seulement important, mais péremptoire, ferait cesser nos
craintes de
voir l'orthodoxie menacée.
Ajoutons
que la rédaction de la
lettre pastorale collective de l'épiscopat français a
été confiée à Mgr
Amette, coadjuteur de Paris, Mgr Chapon, évêque de Nice,
et Mgr
Dadolle, évêque de Lyon.
A l'issue
de l'Assemblée, les
évêques se sont réunis à Notre-Dame de
Paris. Voici un extrait du
discours prononcé par Mgr de Cabrières à cette
cérémonie:
C'est une
grande chose que
celle qui s'achève en ce moment, parce que c'est une page de
notre
histoire et l'une des plus importantes. Sans doute, ce n'est pas
à
nous, évêques issus de la volonté concordante du
pape et du chef de
l'Etat, ce n'est pas à nous de blâmer le concert des deux
autorités,
bien au contraire, il faut le saluer.
Mais vous
avez eu depuis le
spectacle de nominations différentes. Il fut bien glorieux celui
qui
vint chercher directement de Rome dans le peuple de France des
prêtres
pour être les pontifes et les docteurs du peuple chrétien.
Moi, qui
suis le dernier par le talent, mais l'un des plus anciens, je salue
avec bonheur et fierté les recrues de l'épiscopat
à qui Dieu a confié
la mission de venir avec nous traiter des grandes affaires de l'Eglise
et du pays...
...Nous
voulons montrer que
nous sommes les évêques de notre temps, prêts
à en aider les
aspirations généreuses, mais avant tout nous sommes les
hommes de la
doctrine et juges de cette doctrine. Tout en connaissant le mouvement
du siècle, nous restons les hommes de la foi traditionnelle.
Nous
sommes venus en cette
église parce qu'elle a droit à des hommages
spéciaux, ayant été le
témoin des événements les plus illustres de notre
histoire. Après les
jours d'humiliation, Notre-Dame a vu, un 15 août, un
cortège imposant
venir sceller un pacte émouvant entre l'Eglise et l'Etat.
Mais
aujourd'hui, voici une
alliance nouvelle, en une forme inconnue, qui vient se sceller entre
l'Eglise et la France tout entière. Il était bien juste
qu'à l'exemple
du pacte concordataire un nouveau pacte se scellât entre le
peuple tout
entier et son épiscopat. .
C'est une date solennelle que
la
date de ce renouvellement. C'est la première d'un temps nouveau
sur
lequel nous appelons la bénédiction de Marie.
Au sortir
de Notre-Dame, Mgr SchaePfer, évêque de Tarbes, aurait
tait à un journaliste les déclarations suivantes .
"Nous
avons voulu chanter à
Notre-Dame le Salvum fac rempublicam. L'épiscopat
français est
loyaliste, en majorité... Nous sommes prêts à faire
toutes les
concessions. Mais le gouvernement doit en faire d'abord.
Nous avons
prié pour la République. Ne pourrait-elle nous
considérer comme de bons serviteurs?
Mgr de
Cabrières compte sur le
dévouement des fidèles. Permettez au prélat
républicain que je suis de
compter sur le gouvernement républicain pour faciliter aux
évêques le
moyen de maintenir partout le calme.
L'épiscopat
lombard,
en ce moment
réuni en concile provincial à Milan, vient d'adresser aux
évêques de
France une lettre de sympathie et d'encouragement...
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Déclarations de M.
Clemenceau
Voici de
nouvelles déclarations faites par M. Clemenceau à un
rédacteur du Gaulois:
- Vous
vous contraindrez sans doute, un jour ou l'autre, lui disait celui-ci,
à entrer en conversation avec le Saint-Siège.
- Cela
jamais et sous aucun
prétexte... Vous entendez... je vous demande même de le
répéter...
jamais... jamais... le gouvernement français ne consentira
à entrer de
nouveau en relations avec Rome... J'ignore le pape... ...Les
intérêts
actuellement en jeu sont exclusivement français, continua M.
Clemenceau, le geste tranchant, le verbe bref. Je ne consentirai
à les
discuter qu'entre Français...
-
Permettez-moi de vous faire
remarquer que les évêques de France sont Français.
Si donc, à la suite
de la réunion qu'ils viennent de tenir, quelques-uns vous
faisaient
part de l'opportunité qu'il y aurait, dans
l'intérêt général, à
apporter une modification restrictive à l'interprétation
de l'article
4...
- Je ne
tiens pas à l'article 4...
-
...modification qui se
formulerait soit par voie de règlement d'administration publique
supplémentaire, soit de toute autre manière, vous ne
refuserez pas
d'entrer en conversation avec des Français, fussent-ils
évêques?
-
Evidemment non. Pourquoi
voulez-vous que je ne cause pas avec des évêques? Je vois
des curés
tous les jours, je n'en ai même jamais tant vu que ces jours-ci.
...Ecoutez
bien ce que je vais vous dire, ma formule sera lapidaire;
Jamais je
ne fermerai une seule église de France...
Bien plus,
j'ajoute: Tant que je ferai partie du gouvernement, jamais on ne
fermera une église de France.
Voilà qui est net. Le Gaulois
peut l'imprimer comme il voudra, dans les caractères de son
choix, en
italiques, en capitales rondes, en normandes grasses, en
égyptiennes
maigres ou en elzévir, à son gré. Je ne fermerai
pas les églises.
Déclarations
de M. Briand
M. Briand
a fait à plusieurs journalistes les déclarations
suivantes ..
Jamais,
à mon avis, la masse
des catholiques français n'admettra que le mode des associations
admis
par Rome pour l'Allemagne soit repoussé pour la France. En
outre, les
fidèles ressentiraient bien vite l'injure que renferme à
leur adresse
la condamnation définitive du principe des associations. Ils se
verraient ainsi assimilés par l'Eglise à un vil troupeau
qui doit se
laisser tondre sans prétendre contrôler l'usage qu'on fera
de sa laine.
Croyez que, dans ces conditions, l'Eglise trouverait difficilement des
subsides, et soyez sûrs que ces considérations n'ont pas
dû échapper à
ses évêques...
...Imaginez, par exemple, les
membres d'un conseil de fabrique organisant entre eux et avec quelques
fidèles, mais sans le curé, une association se proposant
l'exercice du
culte catholique, apostolique et romain. Cette association sera
légale
elle ne deviendrait illégale que si preuve était faite
devant la
juridiction compétente qu'il lui est impossible de
réaliser son objet.
Sauf cette clause, ladite association est légale et le conseil
de
fabrique l'a dotée du patrimoine ecclésiastique de la
paroisse. Ses
membres vont trouver le curé, qui n'a plus ni église ni
ressources. Ils
lui disent: « Vous n'avez pas les moyens matériels
d'assurer l'exercice
du culte dans la paroisse, vous allez être obligé de vous
adresser à
nous individuellement pour vous procurer ces moyens. Eh! bien,
collectivement, nous vous les fournissons, ces moyens. Voici
l'église,
voici les objets du culte, voici les sommes nécessaires à
l'exercice de
la religion!" Que pourrait répondre le curé à
cette offre? Et quels
reproches pourrait lui adresser son évêque s'il acceptait
de continuer
son sacerdoce dans ces conditions, qui auraient été
établies hors de
lui? Et le pape lui-même, que pourrait-il objecter à
l'évêque?
M. Briand a, en outre
déclaré qu'il recevrait les évêques
français si ceux-ci demandaient à le voir.
Déclarations de M.
Combes
Interpellé par le Journal, M. Combes a fait des
déclarations dont nous extrayons ces lignes:
Le devoir du gouvernement est
tout
tracé. Toute résistance à la loi est justiciable
des tribunaux. Il n'a
qu'à déférer aux tribunaux les rebelles qui
s'insurgeraient contre la
loi. A la rigueur même, en certains cas, il peut procéder
par voie
administrative. A défaut d'un texte de loi spécial et
approprié aux
dits cas, il trouvera pur se couvrir une jurisprudence établie,
quelque
arrêts d'appel ou de cassation
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sérieusement motivé. Au
surplus, s'il
est besoin d'une loi, est-ce pour rien que le Parlement est investi du
pouvoir législatif? Il ne faut pas longtemps pour déposer
un projet de
loi et, la loi votée, sa promulgation et son application vont
toutes
seule".
L'essentiel, c'est de viser
et de
frapper les meneurs, les fauteurs de troubles. Leurs troupes
improvisées se disperseront d'elles-mêmes. En tout cas, le
principe
dominant reste celui-ci: la loi doit prévaloir. Or, bien
appliquée,
sans provocation comme sans faiblesse, la loi
prévaudra.
Le Conseil des
Ministres et l'Encyclique
Voici le
communiqué officieux concernant les décisions prises par
le ministère au Conseil du 1er septembre:
Le Conseil
a enfin abordé 1a
question de l'application de la loi de Séparation. M. Briand a
renouvelé devant ses collègues les explications qu'il
avait fournies au
cours de récentes interviews sur le fonctionnement de la
loi. Le
Conseil a ensuite examiné les diverses
éventualités qui peuvent se
produire. M. Briand a fourni, sur la ligne de conduite à suivre,
des
instructions fort nettes, et sa manière de voir a
été partagée pat tous
ses collègues. '
Le Conseil
a reconnu qu'on ne
pouvait songer à recourir, comme certains l'ont prétendu,
pour
l'exercice du culte, à la loi sur les associations. C'est bien
exclusivement la loi du 1r décembre 1905 sur la
séparation lui est
applicable, et le gouvernement en assurera l'exécution avec un
grand
respect pour les consciences, mais aussi avec résolution et
fermeté.
Des observations ont
été échangées
sur les édifices cultuels. On a paru croire dans la presse que
le
gouvernement se trouverait dans l'obligation, dès cette
année, de
fermer les églises dont les curés ne se seraient pas mis
en règle avec
la loi. Les ministres ont reconnu qu'un article de la loi visait
particulièrement cette désaffectation. Le paragraphe 9 de
l'article 13
de la loi de Séparation est, en effet, ainsi conçu:
«
Les immeubles autrefois
affectés aux cultes, et dans lesquels les
cérémonies du culte n'auront
pas été célébrées pendant le
délai d'un an, antérieurement à la
présente loi, ainsi que ceux qui ne seront pas
réclamés par une
association cultuelle dans le délai de deux ans après sa
promulgation,
pourront être désaffectés par décret."
La loi sur
la séparation ayant
été votée définitivement le 9
décembre 1906 et promulguée le 11
décembre, c'est donc le 1r décembre 1907 que se posera la
question de
désaffectation des édifices religieux, et la loi
spécifie que ces
édifices pourront être désaffectés par
décret. En d'autres termes,
c'est au gouvernement qu'il appartiendra à ce moment de
procéder, s'il
le juge utile, à la désaffectation. Or, d'ici là,
l'apaisement se sera
peut-être fait dans les esprits, et la loi dont les autres
dispositions
auront été exécutées ne suscitera sans
doute plus la même opposition.
En tout cas, le délai imparti par le texte législatif
est, on le voit,
assez long.
Les
Documents du "Siècle"
Le
Siècle fait suivre la note
de la Semaine Religieuse de Besançon, qui qualifie d'inexacts
les
documents publiés par lui, d'une réplique où nous
lisons :
La «
publication toute récente"
de documents que l'archevêque de Besançon qualifie
d'inexacts ne peut
être que celle qui a été faite ici.
Les
personnes qui hésiteraient
entre notre parole et celle de l'archevêque n'ont qu'à
venir au bureau
du journal. Elles pourront comparer notre publication avec le texte
même des documents de l'assemblée des
évêques. Elles verront que nous
l'avons très exactement reproduit.
Un Amendement de M.
l'Abbé Gayraud
M.
l'abbé Gayraud, député de la
troisième circonscription de Brest, annonce, dans une brochure
qu'il
vient de publier sur la Loi de Séparation et le Pape Pie X qu'il
déposera un amendement tendant à modifier l'article f de
la loi.
Que veut
le pape? Tout
simplement qu'un texte légal reconnaisse, non pas comme un droit
divin,
mais comme un fait historique, l'autorité nécessaire
à la hiérarchie de
l'Eglise sur les associations de fidèles établies par la
loi.
Me sera-t-il permis, en
qualité de
parlementaire, de dire comment je traduirais, sous forme d'amendement
ou de texte additionnel aux articles de la loi votée,...
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