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Première
année, Numéro 49
VENDREDI 28 SEPTEMBRE 1906
SOMMAIRE:
LETTRES A L'ÉDITEUR
REVUE
DES PÉRIODIQUES
BULLETIN POLITIQUE Les récentes déclarations
de
deux évêques qui ont pris l'un et l'autre une part
importante à la
dernière Assemblée sont venues préciser, fort
heureusement, ce que la
lettre de l'épiscopat ne faisait qu'indiquer d'une
manière vague.
Interrogé par un rédacteur du Radical, Mgr de
Cabrières a répondu que
l'épiscopat accepterait très loyalement le fait de la
séparation, mais
que l'erreur initiale du Parlement français avait
été de vouloir
légiférer en matière ecclésiastique sans se
mettre d'accord avec le
chef de l'Eglise. «Il ne s'agit pas de refaire la loi, a-t-il
ajouté,
nous l'accepterions en gros. Il s'agit seulement de
l'interprétation
des articles 4 et 8. Avant de fonder les cultuelles, nous avons
besoin
de savoir si, au regard des tribunaux civils, les droits de la
hiérarchique, base de notre organisation, auront une garantie
certaine..» De son côté, le cardinal Lecot s'est
exprimé ainsi: « Quoi
qu'on en ait dit, M. Briand ne nous a jamais répondu. Mis au
pied du
mur, il a déclaré que le Conseil d'Etat se prononcerait
sur les
questions de fait, et il n'a pas précisé davantage.
» Par leur clarté,
ces déclarations et ces ouvertures ont eu l'excellent
résultat qu'en
attendaient ceux qui les appelaient de leurs vœux et ont
immédiatement
produit une légère détente qu'on peut enregistrer
avec joie. Un certain
nombre de républicains ne semblent pas éloignés
d'y vouloir répondre
par une loyauté semblable, en donnant les garanties
demandées. Il faut
signaler tout particulièrement dans ce sens, un récent
article du Temps
qui propose la solution suivante: le gouvernement inviterait le Conseil
d'Etat, en ce qui concerne l'article 8, à prendre dès
à présent une
délibération et à fixer, par un texte public, la
jurisprudence à
laquelle il se tiendra pour lié. Comme cette jurisprudence sera
certainement basée sur l'article 4, les catholiques
auraient ainsi
satisfaction. Si l'on songe 'que cette idée a été
lancée par le Temps,
on peut la considérer, sans crainte de se tromper, comme
étant une
proposition officieuse du ministre des Cultes. Ce n'est pas à
dire que
le Pape et les évêques trouveront suffisantes les
garanties proposées,
mais on n'interrompt pas d'ordinaire des pourparlers pour le seul motif
qu'on ne s'est pas mis d'accord dès les premiers mots.
L'essentiel est
qu'une bonne volonté réciproque ait fait trouver un
terrain convenable
à une discussion nécessaire. Comme l'a fort bien dit Mgr
de Abrières, «
il faut arriver à une entente », dans
l'intérêt
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commun de la religion
et de la patrie. Le convent maçonnique qui vient de se tenir à Paris a été la glorification du combisme et de ses honteux procédés de délation. Le contraire eût vraiment étonné d'une institution qui, sous le voile hypocrite d'une lutte pour la liberté de penser, contribue depuis nombre d'années à entretenir dans notre pays l'esprit de secte et qui nous a fait tant de mal en détruisant, par son influence occulte sur notre politique, l'équilibre normal des partis. Cette glorification n'est d'ailleurs pas parvenue à voiler les graves dissentiments qui se sont produits entre maçons bourgeois, bornant leur idéal à la lutte contre la religion, et socialistes, rêvant de faire des loges les creusets des transformations futures. En réalité, il y a là une question qui peut n'être pas sans gravité pour l'avenir de l'Ordre. Mais la Franc-maçonnerie affecte de ne pas s'en apercevoir: elle se sent toute-puissante et elle compte bien que ses adversaires continueront, par leurs fautes répétées, à faire son jeu. Car s'ils se lassaient par hasard de lui fournir des armes, ils auraient marqué la fin de sa domination. La loi de séparation a mis le gouvernement français dans une position des plus fausses, relativement à sa louable prétention de maintenir notre protectorat catholique en Orient et d'en exercer effectivement les charges et les droits. En dépit des capitulations, traités immémoriaux passés entre la Porte et nous et qui ne seraient d'ailleurs valables que si les puissances occidentales n'attendaient que de la Turquie la protection de leurs nationaux, le Saint-Siège tient le protectorat français dans ses mains. Elle tient diplomatiquement parce que, en dépit d'affirmations contraires, nous ne pouvons réellement nous en prévaloir que dans la mesure où il nous l'a concédé. Et il le tient moralement, parce que nulle puissance humaine ne peut protéger, même un enfant, en dépit de son recours. On comprend donc l'émoi causé par une dépêche de Rome, parue au début de la semaine dernière, et annonçant « qu'à la suite de laborieuses négociations, la Porte était sur le point d'envoyer un représentant auprès du Pape. » La nouvelle au surplus était fausse et l'Osservatore Romano, peu de jours après, publiait à son sujet un démenti officieux. Mais si ce démenti portait sur l'entente entre le Vatican et la Porte, il ne niait pas les négociations. Cette note est certainement un indice de la bonne volonté du Vatican à l'égard de la France. La situation n'en est pas moins d'un criant illogisme. Le gouvernement français tient en effet au Protectorat. La preuve en est bien faite pour surprendre quelques-uns, qu'il n'a jamais été exercé avec plus de vigilance et de soins. Notre ambassadeur à Constantinople y met actuellement un zèle et une activité au-dessus de tout éloge. Il en met d'autant plus que certains journaux catholiques étrangers se plaignent davantage, et, dans un but facile à deviner, de l'incurie de M. Constans. Il reste donc que le gouvernement français émet dans ses actes deux prétentions on ne peut plus contradictoires. Il veut ignorer le Saint-Siège et, en même temps, se prévaloir d'un privilège qu'il ne peut exercer contre sa permission.. |
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