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Première
année, Numéro 50
VENDREDI 5 OCTOBRE 1906SOMMAIRE:
INFORMATIONS ET DOCUMENTS Autour de l'Encyclique:
Déclarations pontificales. - Discours de M. Clemenceau - Un
article de
M. Jaurès. Déclarations de M. Buisson. - Les
Interpellations. Adresse
au Clergé français. - Les Pétitions. -
L'Encyclique
et la Presse de
Gauche. - La Ligue Antimaçonnique. - Le Congrès de
Mannheim
LETTRES A
L'ÉDITEUR
Félix KLEIN A propos de l'abbé de Tourville,
Alex VERONNE, A propos de la Séparation. REVUE DES PERIODIQUES
La situation religieuse, (La Vie catholique). - La Question
biblique (Rassegna Nazionale).Dernières
Publications
BULLETIN POLITIQUE Les timides
ouvertures faites
récemment en vue d'un accord honorable pour
l'interprétation et
l'application de la loi de Séparation sont venues trop tard. Le
gouvernement qui, au lendemain de l'Encyclique, semblait
disposé,
suivant l'expression de M. Clemenceau, à discuter la question
« entre
Français » avec les évêques, devient de plus
en plus intransigeant
mesure qu'approche la rentrée dès Chambres et que la
surenchère de
gauche se fait sentir à lui l'accusant de faiblesse et
d'indécision,
réclamant impérieusement le retour immédiat
au pouvoir de M. Combes et
la restauration des procédés de gouvernement chers
à la
Franc-Maçonnerie. Peut-être reconnaîtra-t-on plus
tard de part et
d'autre qu'on a perdu un temps précieux et qu'on a laissé
échapper des
occasions d'entente qui ne se retrouveront pas de longtemps. Quoi qu'il
en soit, le discours de M. Clemenceau vient de clore
définitivement une
porte qui n'était déjà plus qu'à peine
entr'ouverte. Il ne reste qu'à
attendre les premiers débats de la Chambre des
députés qui,
vraisemblablement, approuvera le plan tracé par le
ministère,
c'est-à-dire l'application de la loi, les églises restent
ouvertes, du
moins jusqu'à l'époque où elles pourront
être désaffectées par décret,
c'est-à-dire jusqu'au 11 décembre 1907.
Nous avons déjà dit combien dangereuse sera cette solution qui permettra au gouvernement de fermer les églises une à une et sans bruit suivant les désirs des groupes anticléricaux. Du moins cette |
spoliation
de nos églises sera-t-elle compensée par quelque
avantage. Là sera
l'intérêt principal de la séance de la Chambre et
des votes qui y
seront émis. Il semble, bien,
en effet, qu'un certain
nombre de députés de gauche, pressés d'aborder les
réformes sociales,
ne tiennent guère à voir s'éterniser la question
religieuse. Pour
ceux-là il n'y a qu'une seule solution loyale et ranche: puisque
l'Eglise ne veut pas accepter une loi qui lui attribue la possession
des biens cultuels et la jouissance gratuite des édifices, qu'on
rende
ces biens à leurs propriétaires légaux et qu'on
donne à l'Eglise le
droit commun, en d'autres termes qu'on lui permette de s'organiser
suivant la loi ,de 1901 sur les Associations. Il n'est pas douteux que
c'est 'là qu'on doit arriver si l'on veut réellement
faire une
séparation définitive et complète. M.
Jaurès qui s'est fait le champion
de cette idée et qui la défendra probablement à la
tribune, a cru en
lisant le discours de M. Clemenceau y découvrir une
déclaration dans ce
sens, Mais il est certain d'autre part que le droit commun rencontrera
auprès de plusieurs membres de la majorité et dans le
ministère
lui-même des adversaires déterminés, pour qui
« le droit commun» doit
être, non la liberté d'user de la loi de J 90 J, mais
seulement la
liberté de. tenir des réunions privées et
publiques dans les conditions
prévues par notre législation. II est donc difficile. de
prévoir le
sort qui est réservé à la proposition de M.
Jaurès et à la logique. L'application de la loi sur le repos hebdomadaire a provoqué des incidents de tous genres qui ont rempli ces derniers temps les colonnes des journaux, un bon nombre de commerçants accusant la nouvelle législation d'être contraire à leurs intérêts et de leur causer ainsi un préjudice grave. Grâce aux dérogations prévues par la loi elle-même, Il semble que peu à peu elle finira par être appliquée, au moins en apparence; et le gouvernement pourra bientôt se féliciter publiquement de ce résultat. II serait puéril toutefois de croire que la réforme. sera alors définitivement accomplie.. On a en France. une. confiance exagérée dans le pouvoir des lois et on se figure trop facilement qu'il suffit de les promulguer pour obtenir le résultat souhaité. La réalité est tout autre: s'il est excellent que l'Etat intervienne parfois pour seconder ou suppléer l'initiative. privé, lorsque celle-ci, livrée. à ses propres forces, est insuffisante, il n'en est pas moins vrai que pour être vraiment fécondes, les réformes doivent entrer non seulement dans les lois mais encore et surtout dans les mœurs et dans les habitudes. Aussi doit-on souhaiter que les catholiques, au lieu de contempler en simples spectateurs les difficultés que rencontre le gouvernement, prennent à cœur d'acclimater autour d'eux le repos hebdomadaire en jetant dans la balance le poids de leur influence et en faisant, pour entraîner l'opinion publique, une énergique propagande. Le principe qu'il s'agit de faire triompher est éminemment chrétien puisqu'il est en d'accord avec la loi divine et qu'il tend à relever la condition des travailleurs, et il n'est pas douteux que l'action énergique d'un grand nombre de citoyens en faveur du repos hebdomadaire ferait plus pour le faire adopter par tous les intéressés que les efforts de la police et les jugements des tribunaux. |
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