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Deuxième année,
Numéro 63
VENDREDI 4 JANVIER 1907
SOMMAIRE:
LETTRES
A L'EDITEUR
William RITTER: Hongrois et Slovaques. XXX: A propos de Notre-Dame-de-Lorette, La Question syndicale - Le nouvel
Evêque de Soissons
BULLETIN POLITIQUE Un mot
personnel.
Demain s'excuse auprès de tous ses amis de ne pouvoir mieux
réaliser
son programme. Il les remercie d'une indulgence et d'une
fidélité. qui
ne se lassent point. Dans la lutte qu'il soutient en silence contre des
hostilités qu'il ne veut point qualifier encore et auxquelles,
en tout
cas, il pardonne, il fait de nouveau appel à tout leur
dévouement. Il
compte. sur l'étroite communion de tous dans le tendre et
lumineux
idéal qui guide l'œuvre et l'anime. Il fait appel aussi à
la conscience
de ceux qui abusent du caractère dont ils sont revêtus et
se permettent
des gestes injustes à l'adresse d'hommes que le respect ou des
considérations de dignité obligent de se taire. Que les
écrits ne
soient pas jugés avant d'êtres. lus! Qu'ils ne soient
point travestis
ou séparés de leur contexte lorsqu'ils sont reproduits 1
Que nul ne se
dispense de circonspection quand il pose son pied dans le voisinage
d'un petit ! Que le règne de la loyauté arrive enfin!
Tels sont nos
vœux. Dieu veuille. les exaucer.
Nos lecteurs nous rendront ce témoignage que nous n'avons, à juger les événements qui se sont déroulés, l'an passé, sous nos yeux, apporté ni haine ni injustice. Nous continuerons. Renan, dont on vient de publier quelques notes inédites, a dit, ou à peu près, que les modérés sont les impuissants de l'histoire. Soit. Mais la bonne foi, mais la liberté, mais la justice aussi sont les impuissantes de l'histoire. Mais Celui qui a dit: la paix soit avec vous! Celui qui a dit: Paix aux hommes de bonne volonté Celui enfin qui a dit: Aimez-vous les uns les autres n'a pas encore réalisé. dans la dureté. de nos âmes la miséricorde et la justice de son divin programme. Est-ce une raison d'en désespérer? N'ayons donc cure de ce sarcasme et mettons notre orgueil à rester fidèles .tous ces sublimes vaincus. Ce qui ne nous empêchera point de rêver de victoires, mais de victoires qui n'écraseront personne. Pour si ingrat qu'il soit encore, notre âge en réalise quelques-unes. Espérons que l'avenir en accroîtra le nombre. La force matérielle reste certainement la grande puissance de ce monde. Les ateliers militaires de l'Europe grondent jour et nuit. Mais la raison ne reste point inactive. Les principes d'arbitrage se diffusent. |
Les habitudes
d'interventions diplomatiques et d'explications précises se
multiplient. Un jour viendra où toute cette force sera
employée à faire
respecter les arrêts de toute cette raison. Ces espérances, il ne faut pas seulement les concevoir, mais travailler à les réaliser. C'est surtout en deçà de nos frontières, sur nos places publiques et jusque dans nos maisons qu'il importe de faire régner, autant que la vie le comporte, la paix complète dans la liberté réelle. Réconcilier tous les Français dans la réalisation positive de l'idéal chrétien est une belle tâche. Fut-on persuadé d'avance de n'y point réussir que ce n'est point un motif de ne pas l'entreprendre. 11 vaut mieux échouer dans l'œuvre du bien que d'en désespérer. Le projet de loi sur l'exercice public du culte a été voté sans modifications appréciables. Quelques députés radicaux ayant désiré voir inscrits en tête de la loi les articles qui règlent la liquidation immédiate et brutale des biens cultuels, cette mesquine satisfaction leur a été accordée. Nous n'avons donc rien a changer au jugement que nous avons porté ici sur le projet primitif. Le droit qu'ont désormais les catholiques de s'organiser selon la loi de 1901 est une liberté précieuse dont, tôt ou farci, ils pourront faire usage. Mais la solution adoptée pour la question des églises reste déplorable. En en faisant une question municipale, M. Briand a livré Je culte à l'arbitraire et au bon plaisir. Malgré toutes ses déclarations contraires, il n'a pas voulu voir que, loin de faire enfin réellement la séparation de la politique et de la. religion, il éternisait le conflit et perpétuait les malentendus. Solution habile peut-être, dans un pays où tant de politiciens ne voient pour eux d'avenir que par !a question cléricale, mais indigne d'un homme d'Etat. Souhaitons qu'il le comprenne bientôt et, puisqu'il ne s'est pas interdit de légiférer encore, qu'il emploie son admirable talent à le faire comprendre de son parti. Mgr Ireland, archevêque de Saint-Paul, ayant, au cours d 'une allocution prononcée dans sa cathédrale, prétendu que si les conseils et les enseignements répétés de Léon XIII avaient été entendus par les catholiques français, les malheurs qui viennent de fondre sur eux auraient été évités, s'est vu accuser d'avoir voulu, par là, critiquer l'esprit et les actes de Pie X. Mgr Ireland a justement protesté contre cette malhonnête interprétation de ses paroles. Les affirmations de l'illustre prélat américain, prises comme elles ont été données, c'est-à-dire en soi, ne sont que la réédition d'un lieu commun désormais fixé par l'Histoire. Il est de toute évidence, en effet, que si l'Opposition catholique de Droite avait cédé aux pressantes exhortations de Léon XIII, au lieu d'y résister, comme s'en vantait encore l'autre jour au Sénat M. de Lamarzelle, les événements, par la suite, eussent été autres. Mais aux élections décisives de 1898, le plus grand nombre de ces catholiques-là, préférant l'avènement le plus rapide possible du pire à la consolidation du médiocre, apportèrent leurs suffrages à la révolution. Plus de quarante sièges furent ainsi enlevés aux républicains du Centre et de la Gauche modérée. De ce jour, la maçonnerie militante était définitivement installée au Pouvoir. Elle n'a pu en être délogée depuis. Et le pire arriva. |
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