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Deuxièmeannée,
Numéro 65
VENDREDI 18 JANVIER 1907
SOMMAIRE:
Nouvelle Encyclique.- M.
Combes et la
Séparation.-- L'Assemblée épiscopale.- Miettes
pour l'histoire.
REVUE DES PERIODIQUES
NOTES BIBLIOGRAPHIQUES BULLETIN POLITIQUE La nouvelle
Encyclique
maintient, sans aucun changement, la ligne de conduite adoptée
par le
Pape dans la question de la séparation. Elle pose, de nouveau,
à
l'acceptation par l'Eglise d'une législation religieuse, les
trois
conditions suivantes: le respect de sa hiérarchie,
l'inviolabilité de
ses biens, la liberté. Le ton de ce document est empreint d'une
grande
élévation: le Pape se défend de vouloir humilier
le Gouvernement de la
République, il proteste seulement contre sa prétention
d'imposer à
'Eglise une organisation religieuse qu'elle considère comme
contraire à
ses principes. Ce n'est pas à lire d'ailleurs qu'un esprit
indépendant
ne puisse trouver parfois matière à réserves.
L'encyclique affirme, par
exemple, que l'Eglise de France ne fait que subir depuis vingt-cinq ans
une guerre qu'elle n'a rien fait ni pour amener, ni pour entretenir; il
est peu probable que ce jugement devienne purement et simplement celui
de l'Histoire. On pourrait également rappeler que si l'Eglise a
été
souvent persécutée, elle a malheureusement aussi trop
souvent été
persécutrice, et que c'est un lourd passé d'oppression
qu'elle rachète
par ses souffrances actuelles. Mais comment ne pas enregistrer
avec
les belles paroles par lesquelles Pie X proclame hautement que l'Eglise
est une messagère de paix et qu'll' ne pourrait vouloir la
guerre
religieuse qu'en répudiant sa mission sublime et en y mentant
aux yeux
de tous. Elle ne souhaite pas non plus la persécution, elle ne
peut pas
la souhaiter, même en vue du bien qu'on en pourrait attendre, car
la
persécution c'est l'injustice et c'est le mal. On ne pouvait
désavouer
plus formellement la théorie antichrétienne du pire, que,
depuis
quelque temps, nous voyons renaître dans certains journaux
catholiques
et jusque sous la plume de religieux. Quant à l'organisation du
culte,
le Pape la laisse, en fait, aux évêques, après
avoir condamné la loi du
2 janvier 1907 comme spoliatrice et organisant le régime du bon
plaisir, et, - il convient de le remarquer - sans préjuger la
question
de la loi de 1901. Il est bien certain que le jour où les
édifices
religieux seraient réellement et à
perpétuité assurés au culte
catholique à l'exclusion de tout autre,
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l'Eglise ne perdrait pas son
temps à réclamer le reste de ses biens et ne tarderait
pas à
s'organiser, suivant ses propres règles, dans la liberté. Une « poussière politique ». C'est par ces deux mots on ne peut plus significatifs que le Temps qualifie la situation électorale russe. Il se demande quelles combinaisons pourront bien en sortir. Deux mois à peine nous séparent de la réunion de la deuxième Douma, et nul courant vainqueur ne se devine, en effet, nul tourbillon créateur de sphères politiques n'est encore entré en fonction dans cette masse flottante d'atomes électoraux. Le gouvernement a, dans toute la force du terme, joué un rôle d'isolateur politique. Les partis de gauche ont à peine réussi à créer un contact entre leurs divers éléments, les journaux étant supprimés ou étroitement surveillés et toute réunion publique interdite. De sorte que les « indéterminés » risquent de se trouver en nombre, le jour de l'ouverture de l'assemblée. Mais s'il est difficile à cent millions de sujets sans alphabet et attachés pour les quatre cinquièmes au sol, de prendre conscience d'une communauté de destinées et de droits, il l'est moins à une réunion de cinq cents de leurs représentants, dans quelque inorganique condition que se trouvent ces derniers à l'heure de leur premier contact. La poussière électorale qu'est actuellement la Russie sera donc vraisemblablement représentée par un Parlement flottant. Mais, à ce moment, un souffle organisateur venu on ne sait encore d'où, (l'esprit souffle où il veut), mais vraisemblablement de gauche, créera bien quelque monde volontaire de lumineux avec lequel l'ancienne «puissance des ténèbres » devra compter. La nomination du nouveau Reichstag est imminente. Elle prétend les proportions d'un drame politique que l'histoire enregistrera. Pour la première fois, la question parlementaire est vraiment posée en Allemagne. Pour la première fois, la dynastie est virtuellement l'enjeu moral d'une lutte qui ne saurait plus se clore avant que ceci n'ait tué cela, avant du moins que le pouvoir personnel n'ait été sinon brisé, du moins contrôlé et contenu par la conscience de la nation. Le Journal des Débats, consacrant, il y a quelques jours, une étude au parti socialiste allemand et à ses chances de succès dans les futures élections, écrivait ceci : « L'Allemagne s'engage aujourd'hui dans une crise analogue à celle de l'Angleterre sous Charles 1er et de la France sous Louis XVI, alors que le Parlement anglais et les Etats généraux français s'opposèrent à la volonté royale. A son tour, le Reichstag vient de faire ses premiers essais de résistance à l'absolutisme impérial. Et c'est pourquoi un intérêt tout particulier s'attache à la crise qui commence de l'autre côté des Vosges. » On ne saurait mieux dire. Et ce sera l'honneur des catholiques et du centre d'avoir inauguré ce geste de résistance nécessaire contre une politique de caprice et d'orgueil dont les humbles sortent meurtris et avec laquelle il n'est pas d'accommodement. Ce geste s'accentue chaque jour. Les jeunes leaders du centre, inspirateurs aujourd'hui reconnus et acceptés de la politique de l 'Allemagne catholique, en décidant de porter leurs suffrages aux candidats de la social-démocratie plutôt qu'aux féodaux, ont nettement repris et marqué les traditions politiques du christianisme éternel. |
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