Page 3
La Nouvelle Licence
ès-lettres
Ou Le Sabotage de
l'esprit français.
page 618/1
Que les lecteurs de
Demain se rassurent Il ne s'agit pas de transposer à leur
usage
quelqu'un de ces romans d'autrefois: Célina ou l'innocence
reconnue;
Victor ou l'Enfant de la Forêt, dont les titres redoublés
et mystérieux
ont excité la curiosité de nos grands-pères.
L'entreprise est plus
modeste et plus sérieuse à la fois. La licence est le
grade requis pour
exercer le droit d'enseigner dans les collèges de l'Etat; il le
sera
bientôt pour les établissements libres. La licence
ès-lettres habilite
donc une bonne moitié des maîtres de l'enseignement
secondaire.
Or, le décret du 8 juillet dernier (1) en
change de façon très
profonde l'économie et les conditions d'obtention. Que cette
transformation de l'examen de licence soit l'équivalent d'un
véritable
sabotage de l'esprit français, c'est ce qui n'apparaît
peut-être pas
tout d'abord comme nécessaire; mais c'est ce qu'elle produira
tout de
même, du moins nous pensons le montrer.
Quelques
personnes s'étonneront
qu'il ait paru utile de procéder à un remaniement aussi
complet d'un
examen dont la forme actuelle est récente. (Elle date du
décret du 31
décembre 1894.) Etonnement injustifié. Il faut n'avoir
pas constaté à
quel prurit d'innovation sont en proie depuis longtemps certaines
parties du corps universitaire., pour ne pas reconnaître des
signes de
caducité à un régime déjà vieux de
trois lustres. Remarque plus
piquante: la réforme présente se trouve
préconisée, et ce qu'elle
remplace déclaré néfaste par les mêmes
autorités qui avaient le plus
contribué à établir et à exalter le
règlement de 1894. Leur excuse?
Depuis l'application des programmes nouveaux (1902), l'enseignement
secondaire fabrique des
bacheliers démunis de culture hellénique. Pourrait-on,
devrait-on leur
fermer les portes de la Faculté et les écarter des grades
supérieurs?
C'est une question. "Les intransigeants répondraient oui; mais
l'enseignement supérieur n'a plus les moyens de se montrer
difficile
sur le choix: "Multae mansiones sunt
in domo patris mei",
disait Voltaire, qui citait volontiers les Ecritures dans ses jours de
bonne humeur accueillante. Il y avait beaucoup de compartiments dans
les cycles 'de M. Leygues; il y a beaucoup de petits appartements dans
la licence de M. Briand.
Par qui
seront-ils habités? Nous allons bien voir.
II
Les
épreuves qui
déterminent la collation du grade de licencié dans les
Facultés des
Lettres correspondent aux quatre séries d'études
ci-après: I
Philosophie. II Histoire et Géographie. III Langues et
littératures
classiques. IV Langues et littératures étrangères
vivantes. » Ainsi
s'exprime le décret.
Les
Philosophes feront les
compositions écrites suivantes: une version latine
tirée d'un ouvrage
philosophique classique; une composition de philosophie (soit de
philosophie générale, ou de psychologie, ou de logique et
méthode des
sciences, ou de morale et sociologie), une composition d'histoire de la
philosophie; une composition sur un sujet relatif à l'un
des
enseignements professés à l'Université, au choix
du candidat. Les
historiens, outre la version latine tirée d'un ouvrage
historique
classique », choisiront entre cinq sujets de composition
écrite
(histoire ancienne, histoire du moyen âge, histoire moderne,
histoire
contemporaine, géographie physique). Les
littéraires se contenteront
de traduire un texte grec et un texte latin avec commentaire
littéraire
et grammatical et de composer, en français, "sur un texte
français
choisi dans les ouvrages inscrits au programme. Pour les langues
vivantes, outre la version ratine et la composition française
des
littéraires il suffira de confectionner un thème
sans dictionnaire et
de traduire Il un ou plusieurs passages tirés d'un auteur de la
littérature étrangère choisie par le candidat B,
cette traduction
accompagnée d'un commentaire grammatical dans la langue
étrangère
choisis.
Pour
l'examen oral, les
innovations apparaissent moins provocantes. La spécialisation,
d'ailleurs fatale. s'atténue d'une épreuve d'explication
française,
sauf pour la licence d'histoire, où elle est remplacée
par une
interrogation sur un ouvrage historique ou géographique choisi
par le
candidat et agréé par la Faculté au début
du second semestre de l'année
scolaire. Le reste se passe en interrogations, comme auparavant. Que
vaut tout ce système comme preuve de culture
générale, d'instruction
professionnelle, d'aptitude à l'enseignement?
D'abord,
une remarque à
l'avantage du nouveau régime. La composition française,
prévue pour
deux ! des licences, cesse de présenter le caractère
d'une
dissertation imprécise sur un sujet abstrait ou sur une
question de
littérature. Tout en maugréant, nous avions fini par nous
y habituer.
Désormais, elle s'appuiera sur un .texte français choisi
dans les
ouvrages inscrits au programme. Précision excellente,
déjà imaginée
depuis quelques années par les juges du Concours d'entrée
à l'Ecole
Normale on compte qu'elle exigera, des candidats, d'autres
qualités
que la simple aptitude à la phraséologie
académique ou que la mémoire
surabondante de formules de manuels. Si le décret du 8 juillet
se
bornait à nous apporter plusieurs réformes de ce genre,
il serait le
bienvenu. Par malheur, ce qu'il faut y voir, et aussi bien ce que ses
promoteurs nous le savons, se vantent d'y avoir déposé,
c'est avant
tout un ensemble
|
Page 4
de tendances ou de directions, dont l'expression
manque parfois de franchise, mais qui révèlent à
l'examen comme des
négations de la culture classique et des antagonistes de tout ce
qui
donne sa. valeur propre et sa force à l'esprit français.
Par
exemple, on ne saurait trop
remarquer de quelle façon allègre les trois licences
dites autrefois
spéciales mènent le deuil de la langue grecque, Verser
des larmes
attardées sur la disparition du grec serait besogne
inutile c'était un
très vieux malade qui, du moins, ne souffre plus. Je voudrais
seulement
poser deux questions : 1° Comment le licencié de philosophie
connaîtrait-il la philosophie grecque? Or, il convient qu'il la
connaisse. Sans compter qu'on n'escamote pas aisément tout un
développement d'idées qui commence avec Thalès
pour finir avec l'Ecole
d'Alexandrie, il se trouve précisément que la
troisième épreuve écrite
est une composition d'histoire de la philosophie. Le candidat ne
pénétrera-t-il donc chez les philosophes grecs
qu'à travers une
traduction plus ou moins fidèle? Admirable disposition pour
comprendre
et pour expliquer. 2° Par quel moyen l'historien
connaîtra-t-il les
institutions de la Grèce? Oh! sans doute, il est possible, dans
une
classe de lycée, d'exposer l'histoire ancienne aux
élèves de la section
qui ignorent la langue grecque. Mais ce n'est plus d'écoliers
qu'il
s'agit ici; il. s'agit d'un enseignement supérieur qui doit
proposer à
des jeunes hommes de vingt ans des règles sûres de
travail. Ici, le
recours aux sources s'impose comme la première démarche
de
l'investigation scientifique. Faire fi du contact direct avec les
textes et les auteurs, c'est aller exactement à l'encontre de
toutes
les saines méthodes et nier le principe même de
l'enseignement
supérieur. Notez qu'on l'a proclamé très souvent.
Mais alors, qui
prétend-on classer aujourd'hui? Et chez les auteurs...
page 628/2
Le buste et les mains
soutiennent
de leur mieux le précieux dépôt confié aux
genoux fermes de cette
petite vieille décidée. mais enfin elle aimerait autant
pas... Ce sont
là des aventures qu'on ne saurait prévoir ... Depuis les
jours
lointains du catéchisme de première communion, pouvait-on
penser à une
si inopinée réalisation du mystère
rédempteur? Plus naïvement, une
fille s'est jetée à genoux, mains aux oreilles: elle ne
veut rien
entendre de ce que parle ce qu'elle voit. Seule la servante, quelque
Madeleine sous la défroque des Marthe de cuisine d'aujourd'hui,
s'est
abattue de tout son sanglot sur les genoux. Le plus jeune fils, aux
longs cheveux de poète, blême et indifférent,
soutient les épaules...
pour enlever un peu du poids qui écrase sa mère.
Visiblement il pense:
quel mauvais moment à. passer! Surtout qu'il passe vite! Debout,
vue de
dos, un châle noir sur les reins - on peut prendre froid;
n'est-ce pas?
- une grande femme trop longue, beaucoup trop longue s'éploie...
(Sa
longueur peut être la cause de la seconde version.) A
l'écart contre le
jeune arbre, un autre fils se laisse oublier: c'est bien
désagréable
tout cela, mais enfin il n'y croit pas. Alors ne pas s'en
mêler...
En-avant, le chien endormi s'est relevé de dessus ses pattes
pour
contempler cette scène imprévue.
.Seconde version, - je dis
version,
pas état, beaucoup moins moderne, beaucoup moins significative,
beaucoup plus ramassée, beaucoup plus rembranesque. Cela se
passe dans
la nuit noire à la lueur d'une lanterne. Il y a moins d'espace
vide
autour du groupe; le chien paraît moins petit. Les
ténèbres empêchent
le jeu des ambres sur le mur. La vieille mère sur son fauteuil
d'osier,
avec son geste de nécessité résignée
soulevant le poignet du Christ,
instinctivement, comme pour l'ôter de dessus ses genoux, a pris
une
expression bien plus délicate. Ça ne l'étonne pas
autrement: ne
sait-elle pas que son tour de' mourir viendra prochainement. La femme
agenouillée avec froideur et horreur, l'œil hagard, ne peut plus
se
boucher les oreilles: elle tient la lanterne dont toute 1a
clarté est
projetée sur le corps et dont reluisent les quelques rameaux
d'un
arbuste très feuillu. La servante agenouillée avec amour,
dont le
chignon sort d'entre les maigres tibias perdus dans la pénombre,
est
tout aussi touchante; le chien plus grand, ou moins perdu, dans
l'espace diminué en bas comme tout autour. Une tête de
vieux juif,
mieux selon la tradition de Joseph d'Arimathie, apparaît sur
l'épaule
gauche du Christ. Le jeune poète se sera hâté de
lui céder la place! Un
grand jeune homme veule, et méditatif pour la première
fois de sa vie,
remplace, de profil, la femme au châle noir. En arrière,
une tête pâle
bouche un trou. C'est une eau-forte beaucoup mieux composée,
beaucoup
mieux comprise selon les effets de clair obscur habituellement
cherchés. Tout l'intérêt est concentré avec
la lumière sur le seul
cadavre. C'est nocturne, harmonieux, tranquille et grand. L'aire
poussiéreuse est remplacée par du gazon plus sombre.
Le bas de fenêtre
est descendu se mieux mettre à la portée des personnages.
C'est plus
classique et c'est moins Svabinsky et aussi c'est moins symbolique de
notre état religieux à l'aube du XXème
siècle. Mais quelle admirable
estampe 1 .
Je crois
que ces deux
eaux-fortes praguaises eussent fait grand plaisir à J .-K.
Huysmans.
Lui, Français vivant en France, en eût tiré
probablement un commentaire
auquel nous, étrangers, ne saurions nous livrer sans manquer aux
plus
élémentaires convenances, car elles me font tant penser
aux catholiques
de France! Alors je les ai décrites de mon mieux et les livre
ainsi aux
réflexions de ceux qui croient que le Vendredi saint implique
Pâques.
Mais cette fois, cette résurrection, c'est à nous de la
vouloir !
William RITTER.
|
Page 5
Page
Le SYLLABUS
XLI. - Les sacrements n'ont
pas
d'autre but que de rappeler à l'esprit des hommes la
présence toujours bienfaisante. du Créateur.
XLII. - La communauté
chrétienne a introduit la nécessité du
baptême, en l'adoptant comme un rite obligatoire et en y
attachant les obligations de la profession de foi chrétienne.
XLIII. - L'usage de
conférer
le baptême aux enfants fut une évolution disciplinaire,
dont une des raisons était de faire deux sacrements d'un seul,
le baptême d'une part et la pénitence de l'autre.
XLIV. - Rien ne prouve que le
rite
du sacrement de confirmation ait été employé par
les apôtres; la distinction formelle des deux sacrements de
baptême et de confirmation n'appartient pas à
l'antiquité chrétienne;
XLV. - Il ne faut pas prendre
au
sens historique tout ce que Paul (1. Cor. XI, 23-2S) rapporte de
l'institution de l'Eucharistie.
XLVI. - On ne constate pas
dans la
primitive Eglise la notion de 1a réconciliation du
pécheur par l'autorité de l'Eglise; l'Eglise ne s'est
habituée que très lentement à cette conception.
Bien plus, après que la pénitence eût
été considérée comme une institution de
l'Eglise, elle ne portait pas le nom de sacrement, parce qu'on la
regardait comme un sacrement honteux.
XLVIII. ~ Les paroles du
Christ:
Recevez le Saint-Esprit,. les Péchés seront remis
à qui vous les remettrez et ils seront retenus à qui vous
les retiendrez, ne se rapportent pas du tout au sacrement de
pénitence, comme il a plu aux Pères de Trente de le
prétendre.
XLVIII. - Jacques, dans son
Epître (14 et 15), n'a l'intention de promulguer aucun sacrement
du Christ, mais seulement de recommander une pieuse pratique, et si,
dans cet usage, il voit peut-être un moyen de grâce il ne
le prend pas avec cette rigueur que lui ont donnée les
théologiens qui ont établi la théorie et le nombre
des sacrements.
XLIX, - La cène
chrétienne prenant peu à feu la forme d'une action
liturgique, ceux qui avaient l'habitude de la présider acquirent
le caractère sacerdotal.
L. - Les anciens qui
exerçaient la fonction de surveillants dans les
assemblées des chrétiens furent institués par les
apôtres, prêtres ou évêques pour pourvoir
à l'organisation nécessaire des communautés
croissantes et pas précisément pour perpétuer la
mission et le pouvoir des apôtres.
LI - Le mariage n'a pu
devenir que
tardivement dans l'Eglise un sacrement de la nouvelle loi; il fallait,
en effet, pour que le mariage fût considéré Comme
un sacrement, que la théorie théologique sur la
grâce et les sacrements eût été
préalablement construite. .
LII. - Il n'a pas
été
dans la pensée du Christ de constituer l'Eglise en
société pour durer sur la terre pendant une longue suite
de siècles; bien au contraire, dans 1a pensée du Christ,
le royaume au ciel devait arriver avec la fin imminente du monde.
LIII. - La constitution
organique
de l'Eglise n'est pas immuable; mais, au contraire, la
société chrétienne sujette, comme la
société humaine, à une perpétuelle
évolution.
LIV. - Les dogmes, les
sacrements,
la hiérarchie, aussi bien dans leur conception qu'en
réalité, ne sont que des interprétations de la
pensée chrétienne et des évolutions qui ont accru,
et perfectionné par des développements
externes "le petit germe caché de Evangile.
LV: - Simon Pierre, n'a
même
jamais soupçonné que la primauté lui eut
été conférée dans l'Eglise par le Christ.
LVI. - L'Eglise romaine est
devenue
la tête de toutes les Eglises non par une ordonnance divine, mais
par des circonstances purement politiques.
LVII. - L'Eglise se montre
.l'ennemie des progrès des Sciences naturelles et
théologiques.
LVIII. - La
vérité
n'est pas plus immuable que l'homme lui-même, avec qui, en qui et
par qui elle change perpétuellement.
LIX. - Le Christ. n'a pas
enseigné un corps de doctrine déterminé, applicable à tous les temps et
à tous les hommes; mais il
a plutôt
|
Page 6
provoqué un mouvement
religieux adapté ou
pouvant s'adapter aux divers temps et lieux.
LX - La
doctrine chrétienne
fut au début juridique, par évolutions successives,
devint pauline, puis hellénique, puis hellénique et
universelle.
LXI - On peut dire sans
paradoxe
qu'aucun livre de l'Ecriture, - depuis le premier de la Genèse
jusqu'au dernier de l'Apocalypse, ne contient une doctrine absolument
identique à celle que l'Eglise professe sur les mêmes
sujets, et, par conséquent, qu'aucune partie de l'Ecriture n'a
le même sens pour le critique que pour le théologien.
LXIII. - L'Eglise se montre
incapable de défendre la morale évangélique, parce
qu'elle se tient obstinément attachée à des
doctrines immuables incompatibles avec les progrès modernes.
LXIV. - Le progrès des
sciences exige la réforme de la conception de la doctrine
chrétienne au sujet de Dieu - de la création, de la
révélation, de la personne du Verbe et de la
Rédemption.
LXV. - Le catholicisme actuel
ne
peut s'adapter à la vraie science, à moins de se
transformer en un christianisme non dogmatique, c'est-à-dire en
un protestantisme large et libéral.
Le jour
suivant,
le jeudi 4 du même mois et de la même année, un
rapport fidèle de toutes choses ayant été fait
à Sa Sainteté le pape Pie X, Sa Sainteté a
approuvé et confirmé le décret des Eminentissimes
Pères. Elle a ordonné que toutes et chacune des
propositions ci-dessus relevées fussent
considérées par tous comme réprouvées et
proscrites.
Petrus PALOMBELLI, S. R. U. 1. Notarius.
UNE LETTRE DE MGR MIGNOT
Le Petit
Parisien a publié une correspondance de Rome qui mettait en
cause Mgr Mignot, archevêque d'Albi, au sujet du récent
décret du Saint-Office.
Mgr Mignot
a
adressé au Petit Parisien la lettre suivante:
Monsieur
le
Directeur,
Un de vos
correspondants qui signe «Romani", veut bien informer vos
nombreux lecteurs dans le numéro du Petit Parisien, du 20
juillet, que la sixième proposition du Syllabus vise un discours
que l'archevêque d'Albi aurait prononcé à Toulouse,
il y a quelques années, à la rentrée de l'Institut
catholique.
Je serais
heureux de connaître Romani; je lui montrerais sans peine que,
s'il a lu le discours, ce dont je doute, il l'a imparfaitement compris.
Je lui dirais aussi que le premier devoir d'un écrivain est de
citer exactement les textes auxquels il fait allusion.
Il verrait
alors
que je n'ai dit nulle part que le rôle de l'Ecclesia docens se
borne à sanctionner les opinions de l'Ecclesia discens.
Il
faudrait
pourtant, dans des questions si graves, ne pas commettre
d'inexactitudes qui ressemblent à des étourderies.
Je compte
sur
votre loyauté pour insérer cette rectification dans un de
vos prochains numéros, et Je vous prie d'agréer mes
sentiments distingués.
E. I., archevêque d'Albi.
A
PROPOS DE L'INDEX
La semaine religieuse de
Paris, de son correspondant romain, au sujet de l'Index:
"Le mouvement
venait d'Allemagne. En France, avec plus de franchise et de
loyauté, les modernistes, procédaient d'autre
façon. Il faudrait presque féliciter , devant, cette
attitude des modernistes allemands, les écrivains qui, dans la revue lyonnaise Demain,
ont mené depuis un an une audacieuse
campagne contre l'autorité de l'Index, sans craindre même
de réunir leurs articles dans une brochure de propagande afin de
les diffuser plus largement. Cette attitude, au moins, est loyale et ne
saurait être assimilée à celle des modernistes
d'Allemagne. Cependant, elle est tout aussi dangereuse. Il n'y a pas un
seul catholique qui ne le sente, au moins d'instinct.
Nous
remercions
le correspondant romain de la Semaine Religieuse de Paris. Mais nous
répétons que l'attitude des auteurs de la pétition
allemande infiniment correcte et loyale, puisque cette pétition,
revêtue de ses signatures, devait être imprimée,
soumise au Pape et envoyée ensuite à tous les
évêques d'Allemagne.
|